À presque 500 jours de captivité, la famille d’Olivier Dubois relance la mobilisation

© Michele Cattani, AFP

À l’approche du 500e jour de captivité du journaliste français Olivier Dubois, enlevé le 8 avril 2021 dans le nord du Mali, sa famille a décidé de lancer vendredi, à la veille de son 48e anniversaire, une campagne de communication pour sensibiliser l’opinion et interpeller les autorités françaises.

Samedi 6 août, Olivier Dubois, 48 ans, passera son deuxième anniversaire en captivité, presque 500 jours après son enlèvement le 8 avril 2021 à Gao, dans le nord Mali, revendiqué par le JNIM (Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans).

À cette occasion, la famille du seul otage français recensé dans le monde a lancé une nouvelle opération de communication, invitant à interpeller Emmanuel Macron par le biais d’une carte postale, dont l’envoi à l’Élysée est gratuit. Comme l’explique Canèle Bernard, la sœur du journaliste, il s’agit "avec un objet tout simple qui permet de donner des nouvelles à ses proches, de rappeler au président et à la nouvelle ministre des Affaires étrangères qu’Olivier Dubois n’est pas en vacances".

Des actions pour "ne pas oublier"

Pour sa famille, ces opérations sont importantes afin de sensibiliser la population et de "remettre le sujet au cœur du débat public". "On espère que le fait de parler souvent d’Olivier permettra de ne pas oublier son cas, dans un contexte d’actualité nationale et internationale très riche", estime la sœur du journaliste.

En près de 500 jours, deux vidéos ont permis d'avoir des preuves de vie d’Olivier Dubois : la première envoyée le 5 mai 2021, la deuxième le 13 mars dernier. Cette dernière a circulé sur les réseaux sociaux, sans qu’on ne connaisse sa provenance ni la date à laquelle elle a été tournée. Mais des éléments permettraient de confirmer qu’elle est relativement récente, Olivier Dubois faisant notamment référence à certains messages diffusés par sa famille sur RFI.

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Depuis, les relations diplomatiques entre Paris et Bamako se sont fortement dégradées et RFI, ainsi que France 24 ont vu leurs diffusions suspendues, "une douche froide" pour ses proches, confiait Canèle Bernard à l’AFP le 8 avril dernier. À l’occasion de l’anniversaire de la captivité d’Olivier Dubois, une vidéo était diffusée par sa famille, montrant le soutien de personnalités médiatiques.

L’"obligation de discrétion" du Quai d’Orsay pesante

Dans ce contexte, difficile de savoir si la situation pourrait évoluer en faveur de sa libération, regrette la famille d’Olivier Dubois, qui qualifie ses contacts avec la cellule de crise du Quai d’Orsay de "sporadiques". Dans un entretien accordé jeudi 4 août au quotidien Libération pour lequel Olivier Dubois travaille , la nouvelle ministre des Affaires étrangères, Catherine Colonna, assure qu’une proposition de rencontre avec la famille a été formulée cette semaine. Elle insiste aussi pour "que personne n’en doute" : "Tous les efforts sont déployés pour obtenir la libération d’Olivier Dubois, depuis son enlèvement." La ministre précise qu'"en matière d’enlèvements, il n’y a qu’une règle : c’est vraiment de respecter, le plus strictement possible, cette obligation de discrétion".

Mais ses proches regrettent la stricte application de cette règle. "Nous sommes considérés comme les autres Français, ma famille ne sait absolument rien de la situation de mon frère", affirme Canèle Bernard. Avec sa mère et son conjoint, ils avaient déjà sollicité la ministre, par lettre recommandée le 30 mai, pour la rencontrer en personne, après un seul contact téléphonique avec son prédécesseur, Jean-Yves Le Drian. Le 26 juillet, la cellule de crise du Quai d’Orsay a bien proposé un rendez-vous téléphonique avec son directeur adjoint, "mais on n’a pas de réponse sur une possibilité de rencontre directe avec la ministre", précise Canèle Bernard. "Au bout de 16 mois, la cellule de crise ne peut pas répondre à nos questions, il est temps que nous soyons considérés comme la famille d’un otage et que nous soyons mis dans la confidence", insiste la sœur d’Olivier Dubois.

Avec cette nouvelle opération de communication, qui interpelle directement le président français, la famille du journaliste espère pouvoir également nouer des contacts directs avec le Quai d’Orsay. Une pétition a aussi été lancée le 6 janvier, récoltant à ce jour plus de 110 000 signatures. "C’est l’action de mobilisation numéro un qui courra jusqu’à la libération de notre fils et frère", estime Canèle Bernard. "Cette pétition montre que beaucoup de citoyens s’identifient à lui, à notre famille, et s’y intéressent, beaucoup de causes se sont fait entendre avec des pétitions."