Élections : peut-on encore lutter contre l’abstention ?

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Le premier tour des élections régionales et départementales a été touché dimanche par un fort taux d’abstention. Un phénomène qui n’est pas nouveau, mais qui en dit beaucoup sur notre système politique. Décryptage avec Céline Braconnier, professeure de science politique, directrice de Sciences Po Saint-Germain-en-Laye et coautrice de « La démocratie de l’abstention »*.

ELLE. Est-ce que l’abstention a toujours été aussi massive en France ?

Céline Braconnier. L'abstention massive est un mal très contemporain. Si on regarde les élections législatives, il y a longtemps eu une abstention qui tournait autour des 20 %. À partir des années 80, elle a commencé à augmenter jusqu’à atteindre environ 40 % en 2002. Après ces élections, on s’aperçoit que la totalité des scrutins sont progressivement impactés par ce déficit de participation. Celui-ci s’amplifie très notablement pour tous les scrutins, à l’exception de l’élection présidentielle. En 2017, on a ainsi enregistré 57% d’abstention aux législatives, une proportion deux fois plus forte que celle enregistrée quelques semaines avant pour l’élection d’Emmanuel Macron. C’est important de mettre en rapport l’élection présidentielle avec les autres types de scrutins pour comprendre le phénomène de l’abstention. Les abstentionnistes des autres scrutins sont des personnes qui, pour beaucoup et jusqu’à aujourd’hui, continuent de voter au moment de la présidentielle. On a d’un côté une catégorie d’électeurs qui votent à tous les scrutins qui tend à diminuer, représentant environ un tiers des inscrits, et de l’autre, ceux qui ne votent jamais, qui sont de plus en plus nombreux sans pour autant dépasser 15% des inscrits. 

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