Évacuation de migrants à Paris: comment la préfecture de police de Paris justifie l'opération

Cyrielle Cabot
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Un campement de migrants délogé par la police place de la Republique à Paris le 23 novembre 2020 - MARTIN BUREAU © 2019 AFP
Un campement de migrants délogé par la police place de la Republique à Paris le 23 novembre 2020 - MARTIN BUREAU © 2019 AFP

Moins d'une heure après son installation, les forces de l'ordre ont démantelé sans ménagement ce lundi soir un camp de migrants installé dans le centre de Paris. Les 500 tentes avaient été déployées par des associations sur le parvis de la place de la République pour alerter sur les conditions de vie des migrants alors que plusieurs centaines sont en errance dans la capitale depuis l'évacuation du camp de Saint-Denis la semaine dernière.

Les forces de l'ordre ont enlevé ces tentes, parfois avec des exilés encore à l'intérieur. C'est finalement sous les tirs de gaz lacrymogène et de grenades de désencerclement que quelques centaines d'exilés et leurs soutiens ont finalement été dispersés dans les rues de l'hypercentre de Paris.

Face aux images violentes de cette évacuation, plusieurs élus se sont insurgés. "L'État donne de lui-même un spectacle lamentable" en apportant "une réponse policière à une situation sociale", a commenté Ian Brossat, adjoint de la mairie de Paris en charge notamment de l'accueil des réfugiés. Plus tard, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a évoqué, sur Twitter, des images "choquantes" et réclamé "un rapport circonstancié sur la réalité des faits au Préfet de police d'ici mardi midi.

"Une occupation illicite de l'espace public"

"La constitution de tels campements organisée par certaines associations, n'est pas acceptable", s'est justifié la préfecture de police dans un communiqué publié lundi en milieu de soirée. "La préfecture de Police a donc procédé immédiatement à la dispersion de cette occupation illicite de l'espace public."

"Toutes les personnes en besoin d'hébergement sont invitées à se présenter dans les accueils de jour où des orientations vers des solutions d'hébergement adaptées à leur situation sont proposées très régulièrement aux migrants", a poursuivi la préfecture de Police.

"Ces migrants n'en peuvent plus"

Cette installation faisait suite à l'évacuation d'un camp de migrants mardi dernier à Saint-Denis. Plusieurs milliers de personnes avaient été sommées de quitter les lieux afin d'être placées dans des centres d'hébergement. Près de 1000 d'entre elles n'avaient pas pu être accueillies et erraient depuis dans les rues.

"Pour une très grande majorité d'entre eux, ce sont des gens qui veulent un abri", a expliqué à BFMTV Yann Manzi, directeur général de l'association d'aide aux migrants Utopia 56. "La violence est extrême. Ces migrants n'en peuvent plus. Ils nous ont demandé une chose: de les rendre visibles et de ne pas les laisser sous les ponts où ils sont matraqués et gazés."

Article original publié sur BFMTV.com