Les 15 ans de Leboncoin résumés en 15 photos décalées d'Aglaé Bory

À l’occasion des 15 ans de Leboncoin, la photographe Aglaé Bory, fidèle collaboratrice de ELLE, s’est infiltrée chez les utilisateurs de la plateforme pour leur tirer le portrait. Des images poétiques qui jouent sur l’effacement, questionnent sur le corps et interpellent. Pour nous, la photographe commente ces clichés uniques. Zoom sur 15 images comme autant de bougies d’anniversaire à souffler. ELLE. Comment s’est passée la rencontre avec Leboncoin, ils connaissaient déjà ton travail ? Aglaé Bory. Oui. Delphine Charon, mon agent, leur a montré ma série « Intérieurs », des autoportraits que j’avais faits Il y a quelques années. Je crois que c’est ça qu’ils ont aimé. ELLE. Effectivement, les photos réalisées pour Leboncoin te ressemblent beaucoup. Tu as donc eu carte blanche ?Aglaé Bory. Ils m’ont laissé complètement carte blanche. À un moment, il a même été question que « Intérieurs », qui est une réalisation personnelle et non pas une commande, soit exposée. Et puis finalement, il a été décidé d’en produire un inédit dans la même veine, mais avec des utilisateurs de Leboncoin. ELLE. Comment as-tu appréhendé cet exercice ?Aglaé Bory. C’était une façon de faire une typologie des différents intérieurs. De voir comment les gens vivent, comment ils organisent leur espace, leurs goûts, leur culture, leur rapport aux objets, aux meubles et aussi à eux-mêmes. Plusieurs choses que j’essaye d’interroger dans ce jeu d’effacement. Il faut aller chercher les gens. J’ai aussi voulu prendre le contre-pied de cette tendance de l’image de nous-même très contrôlée. ELLE. Sur quels critères et comment s’est déroulé le « casting » des utilisateurs ?Aglaé Bory. J’ai essayé de varier les lieux mais aussi les origines des participants afin de représenter le mieux possible l’ensemble de la société. C’est un travail assez considérable. Au début, j’ai prospecté auprès d’amis, d’amis d’amis ou de connaissances qui avaient des comptes Leboncoin. J’ai commencé par la voie la plus simple. Ensuite, j’ai contacté des gens directement sur la plateforme. Au premier abord, ils sont plutôt méfiants et ne répondent pas. Ce n’est pas simple de trouver des vendeurs qui sont d’accord pour être photographié. ELLE. Pourquoi avoir axé plus sur les vendeurs que les acheteurs ?Aglaé Bory. C’est un travail sur les intérieurs, sur la relation qu’on a avec notre espace de vie. Visualiser les objets vendus me permettait de visualiser les maisons entières, les salons, les chambres, les cuisines… Je devais pouvoir deviner un peu comment ça allait être, avoir une vision large. Et puis souvent, ceux qui vendent achètent aussi à un moment donné. ELLE. Une fois les acheteurs trouvés, comment s’est déroulé le shooting ?Aglaé Bory. J’aime bien photographier les gens dans leur environnement. Une fois le lieu choisi, on décide de la façon dont ils vont s’habiller pour se fondre dans le décor. L’idée c’est presque de les faire disparaître. Une fois que tout est en place, la photo, elle, est prise assez vite. Il y a un mini-jeu de mise en scène mais ce n’est pas juste pour créer l’artificialité, au contraire, on essaye de révéler quelque chose. ELLE. Poser sous des coussins ou dans un coffre en bois, ce n’est pas forcément évident. Ils se sont prêtés facilement à cet exercice ?Aglaé Bory. Oui je trouve, même si certains ont pu être un peu déroutés ou surpris. Souvent, les gens me disent : « Vous savez, je ne suis pas très photogénique. » Dans la mesure où ici ils sont cachés, donc on ne voit pas leur visage, ils sont plus à l’aise. ELLE. Comment as-tu choisi les objets qui allaient être photographiés avec les utilisateurs ?Aglaé Bory. Je n’ai pas forcément photographié les objets en vente. Pour moi, le shooting Leboncoin était un nouveau prétexte pour pénétrer chez les gens. ELLE. À force de surfer sur Leboncoin, as-tu un conseil pour optimiser la recherche sur le site ?Aglaé Bory. Il faut se fixer une limite de temps. Il faut se dire « j’arrête dans 5 minutes » et s’y maintenir. Sinon, il faut se contraindre par un budget ou une zone géographique. Après, ça peut devenir une expérience si on a envie de se perdre. Il y a une espèce d’immensité des possibles sur Leboncoin. C’est un peu la caverne d’Ali Baba. ELLE. Ton regard a-t-il changé à propos de la plateforme ?Aglaé Bory. Je ne regarde plus du tout les annonces de la même manière. Peut-être un peu comme un comédien qui est dans un rôle. Il va falloir que je me déshabitue de regarder Leboncoin de cette façon.Le travail d’Aglaé Bory est à retrouver sur son siteA lire aussi >> Entre réédition et originaux, les meubles vintage décryptés

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