1922-2020 : l'extravagant monsieur Cardin

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Le grand créateur qui a fait rayonner la mode française à travers le monde est mort le 29 décembre à Neuilly-sur-Seine. Ses obsèques se sont déroulées samedi dans la plus stricte intimité. 

«Ma sœur prétend que je ne vis pas à la hauteur de mes moyens... Je suis comme ça. Et d’ailleurs la richesse n’épate que les imbéciles.» En deux phrases, il résume tout. On est en 1992. De la fratrie de neuf enfants Cardin, sa sœur est la seule dont ce grand solitaire soit resté proche. Elle habitera avec lui dans son immense hôtel particulier avenue de Marigny et décédera dans les années 2000. Embellir sa chambre, restaurer ses bureaux et refaire sa garde-robe... Cardin s’en foutait. « Je n’ai besoin de rien. Ma chambre est monacale.» Ni luxe tapageur, ni gadgets, ni extravagances. Une collection Art nouveau, Boulle, Gallé, Tiffany... « Et le lit de Sarah Bernhardt ! » Les pièces sont disposées en étage au-dessus de Maxim’s. Champagne, caviar, grands crus? «Je ne bois pas.» Enfin, si, un petit verre du «vino de la casa » chez Nono à Venise. Le meilleur rapport qualité-prix de la cité des Doges. Situé à deux pas de son palazzo, le palais de Casanova, c’était pratique. A l’heure du déjeuner ou du dîner, « Monsieur Cardin », en vieux pantalon et chemise usée, venait casser la croûte au milieu de « ses » jeunes danseurs, comédiens, musiciens, la troupe qu’il produisait. Combien d’artistes Nono a-t-il dû voir passer, qui ont fait honneur à ses carbonara et à son petit valpolicella !

Le 29 décembre 2020, son meilleur client décédait à l’âge de 98 ans, à l’hôpital Américain. Qui, désormais, va donner leur chance aux nouveaux créateurs ? Qui va refaire ces joyeuses soirées, buffet généreux, bardolino de Vénétie et champagne Maxim’s ? Pierre Cardin n’avait pas le goût du luxe mais il savait en mettre plein la vue. Souvenons-nous de son défilé sur la place Rouge à Moscou en(...)


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