1984-1987 : les années où Gainsbarre a (presque) tué Gainsbourg

François Moreau
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© William Klein/courtesy Polka Galerie
© William Klein/courtesy Polka Galerie

Repetto usées jusqu’à la corde et lunettes noires, la bouille mal rasée de Gainsbourg surgit d’un nuage de fumée au bar de l’Elysée Matignon. Il a la tremblote, baragouine des “hey p’tit gars” à un type qui passe par là, son verre de vodka-Ricard, breuvage carabiné qu'il s’envoie avec Bashung lors des sessions d’écriture de l’album Play blessures (1982), vacille. “Eh ouais, c'est moi Gainsbarre/On me trouve au hasard/Des night-clubs, des bars/Américains, c'est bonnard.”

Déglingue satisfaite et autocomplaisance alcoolo, il entérine l’avènement de son double maléfique dans Ecce homo, rengaine reggae mise en boîte dans les très fréquentés Compass Point Studios, à Nassau (Bahamas), où enregistrent plus ou moins à la même période Talking Heads, Lizzy Mercier Descloux et tutti quanti.

Gitane au bout des doigts, Serge Gainsbourg s’apprête à traverser la dernière décennie de sa vie comme on gravit le Golgotha, sous les coups et injures des un·es et les hourras des autres. D’autant plus que ses outrages – ou moments de grâce provocateurs, c’est selon – seront télévisés. Façon de préfigurer l’ère The Osbournes et autres mises en scène du quotidien des vedettes. Le panache et la désinvolture en prime.

Pour la faire courte, Jane Birkin a quitté le 5 bis, rue de Verneuil

“Sometimes you eat the bear, sometimes Gainsbarre eats you”, pourrait-on é

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