"A 23 ans, je cohabite avec une grand-mère de 96 ans"

Manon, 23 ans, étudiante. Comme 650 jeunes en France chaque année, Manon s’est tournée vers “Ensemble 2 Générations” * pour trouver une chambre chez l’habitant. L’association met en relation des seniors de plus de 60 ans qui n’ont pas besoin d’aide médicalisée, et des étudiants, apprentis, stagiaires ou alternants âgés de 18 à 30 ans.

Entre Françoise, 96 ans, et Manon, 23 ans, le courant est tout de suite passé. Pourtant, leur rencontre mi-septembre a tenu à un fil. Très entourée par ses six enfants, la nonagénaire, encore alerte, hésitait à reprendre une étudiante. Mais pour Manon qui commençait ses cours début octobre dans une école de design graphique, toutes les conditions étaient réunies…

“Nous nous rendons mutuellement service”

“L’association propose trois options de cohabitation intergénérationnelle : un logement gratuit en échange d’une présence régulière le soir ; une participation aux charges mensuelles avec entraide (sorties, lecture, aide informatique…); ou un logement dit “solidaire” (à bas coût) contre une “veille passive” et quelques aides spontanées. Moi, je suis en formule deux, mais non payante (formule aménagée). Quand tout est cadré, c’est beaucoup plus simple et fluide. En échange d’une chambre de 20 m2 (avec dressing et salle de bain privative) et de l’accès à toutes les pièces de l’appartement, je m’engage à rentrer après mes cours. Cela rassure beaucoup ma propriétaire de savoir que je suis à la maison le soir et durant la nuit. Elle ne dort d’ailleurs jamais sans son alarme, reliée à un boîtier dans ma chambre. Si elle tombe la nuit, je suis aussitôt prévenue et je peux appeler les secours. Je lui rends aussi de menus services informels : bouger un meuble, ouvrir la porte, aller au pressing, régler un problème informatique…

“A chacune sa routine”

Avec le temps, une réelle complicité s'est instaurée entre nous car nous avons appris à nous connaître, à cerner nos habitudes. Quand je rentre des cours, je file travailler dans ma chambre pendant qu’elle

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