Plus d’un LGBTI européen sur deux n’ose pas tenir la main de son partenaire en public

Katia Rimbert
Journaliste
(Crédit photo : Getty Images)

Une grande enquête sur les droits fondamentaux des LGBTI européens a révélé ses résultats. Les chiffres de la discrimination, des agressions ou encore du harcèlement que subissent certains membres de cette communauté ne sont pas à la baisse et prouvent qu’il est grand temps d’agir afin de faire évoluer les mentalités.

Il y a encore du boulot. La FRA, l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne, vient de dévoiler les résultats de son enquête menée sur les expériences des personnes Lesbiennes Gays Bisexuelles Transgenres et Intersexuées en Europe. Pas moins de 140 000 individus ont été interrogées à travers l’Union européenne mais aussi le Royaume-Uni, la Serbie et la Macédoine du Nord. C’est d’ailleurs à ce jour l’enquête la plus vaste sur les crimes de haine et la discrimination à l’encontre de cette communauté, mais aussi la première à faire participer des personnes intersexuées et les 15-17 ans.

Les LGBTI toujours victimes de discrimination

S’il existe des disparités en fonction des pays, l’étude montre que la situation ne s’est pas beaucoup améliorée par rapport à la précédente qui avait été réalisée en 2012. Six personnes LGBTI sur dix évitent de tenir la main de leur partenaire en public et plus d’un répondant sur trois se sent discriminé dans sa vie sociale (que ce soit dans un restaurant, un bar ou encore lorsqu’il rencontre d’autres personnes). Une discrimination qui est également présente dans le milieu professionnel, lors de la recherche d’un logement ou encore dans le parcours de soins de santé, et qui augmente chez les transsexuels puisque 60% d’entre eux se sont sentis discriminés en 2019 (ils étaient 43% en 2012).

Le harcèlement et les agressions sont malheureusement toujours bien présentes : 40% des participants disent avoir été harcelés l’année précédant l’enquête tandis 20% des transgenres et intersexués déclarent avoir subi une agression physique ou sexuelle.

La situation progresse chez les jeunes à l’école

Le rapport, intitulé A long way to go for LGBTI equality (Le long parcours des personnes LGBTI vers l’égalité) dévoile cependant plusieurs données encourageantes. 52% des sondés de plus de 18 ans arrivent davantage à parler de leur identité et de leur orientation sexuelle contre 36 % sept ans auparavant. Dans le milieu scolaire, un élève LGBTI sur deux affirme qu’un camarade ou qu’un membre du corps enseignant a fait preuve de soutien envers sa communauté. On avance, lentement mais sûrement. Mais pour l’organisme, “un long chemin vers l’égalité” est encore nécessaire.

“Trop de personnes LGBTI continuent de vivre dans l’ombre, craignant d’être ridiculisées, discriminées, voire attaquées. Bien que certains pays aient amélioré l’égalité de traitement envers les personnes LGBTI, les conclusions de notre enquête montrent que, dans l’ensemble, les progrès réels restent trop rares, laissant de nombreuses personnes vulnérables”, affirme Michael O’Flaherty, le directeur de la FRA, dans un communiqué paru ce jeudi 14 mai.

Il précise aussi que “leurs difficultés dans les domaines de l’emploi et des soins de santé peuvent s’aggraver en raison du Covid-19”. Preuve qu’il y a encore beaucoup de progrès à faire en matière d’éducation, de tolérance et de respect de l’autre.

A LIRE AUSSI

>> 10% des 15-25 ans pensent être bien informés sur la notion de consentement

>> "Après le confinement, ce sera l'orgie" : 39% des Français renoncent au plaisir sexuel pendant le confinement

>> "Je suis donc chez moi avec mes enfants, leur papa... Et loin de mes deux partenaires" : les polyamoureux à l'ère du confinement