Ces ados malades de l'école

Julie Rambal

La phobie scolaire touche, en France, de plus en plus d'adolescents qui ne supportent plus de se rendre au collège ou au lycée. Parents, psys et associations se dressent contre ce fléau et y apportent des solutions. Enquête.

À 17 ans, Victoria est en train de se reconstruire. D'une voix posée et douce, elle raconte ce qui l'a conduite à prendre, encore aujourd'hui, des antidépresseurs, et être suivie par un psy, après une « chute libre », puis une « hospitalisation pour dépression liée à la phobie scolaire ». Sa souffrance a démarré en classe de quatrième, dans un collège privé des beaux quartiers se targuant de résultats mirifiques aux examens : « J'y étais depuis la sixième, avec une moyenne stable de 13/20, mais la directrice convoquait régulièrement mes parents pour leur dire que je devais travailler plus. Je passais pourtant une heure et demie par jour sur mes devoirs. À force, on finit par se sentir nulle, par penser qu'on ne fera rien de sa vie. L'ambiance du collège était exécrable : les profs criaient, les colles pleuvaient. Et personne n'osait se plaindre. Je voyais bien, pourtant, les cicatrices sur certains bras. Moi, j'avais la boule au ventre. Je mangeais de moins en moins. En début de première, il a fallu m'hospitaliser. Mes parents n'ont rien vu venir. J'étais dans un établissement recherché, et la directrice était chaleureuse devant eux... Avec le temps, j'ai compris qu'elle pousse ceux qu'elle juge mauvais à partir, en mettant la pression. » Quand on évoque le harcèlement scolaire, on parle toujours de celui de ses pairs, rarement de celui des adultes. Et pourtant, constate la psychiatre Marie Rose Moro, « il arrive que l'école blesse...

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