Adrien Vonarb : le dernier pêcheur du Rhin

Autrefois professeur de musique, il joue désormais sa mélodie à la rame pour attirer sandres, lottes et brochets frétillants.

Sept jours sur sept, du lever du jour au coucher du soleil, ce colosse barbu tout droit sorti de la mythologie nordique s’en va lancer ses filets dans des endroits connus de lui seul, quelque part le long des 60 kilomètres de berges qui relient Village-Neuf (Haut- Rhin) à Marckolsheim (Bas-Rhin). Dans sa barque à fond plat, il rapporte des tanches, des barbeaux, des carpes, des brochets, des sandres et des lottes de rivière, qu’il propose aux meilleures tables dA’ lsace, comme lA’ uberge de l’Ill à Ilhaeusern (deux étoiles au « Guide Michelin ») et Le Cerf à Marlenheim (une étoile depuis 1936).

Adrien Vonarb

Adrien Vonarb © DR

« Du Saint-Gothard, où il prend sa source, à la mer du Nord, où il se jette, le Rhin est ma patrie. Il porte avec lui les cultures de la Suisse, de l’Autriche, de l’Allemagne, de la France et même des Pays-Bas. Ce fleuve, je l’ai vu mourir et renaître.» Le 1 novembre 1986, un entrepôt de l’entreprise chimique Sandoz près de Bâle prenait feu, entraînant une contamination massive des eaux jusqu’à Coblence. « Une hécatombe ! Mais aussi un déclic, car tous les pays riverains se sont mobilisés pour redonner vie au Rhin. Aujourd’hui, le saumon, l’anguille, la truite de mer, la lamproie et l’alose sont revenus, tout comme l’écrevisse.» Né en 1951 à Neuf-Brisach, Adrien Vonarb(...)


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