Affaire Rubiales: indignation générale en Espagne après le monologue embarrassant du président, qui refuse de démissionner

Affaire Rubiales: indignation générale en Espagne après le monologue embarrassant du président, qui refuse de démissionner

Retournement de situation! Alors que la presse espagnole était assurée de la démission de Luis Rubiales de son poste de président de la RFEF, suite au scandale après son baiser forcé à Jenni Hermoso après la finale de Coupe du monde, l'homme fort du football hispanique a martelé ce vendredi qu'il n'allait pas démissionner. Il entend bien rester à la tête de la fédération et même prolonger le sélectionneur de l'équipe nationale féminine.

"Je ne vais pas démissionner, je ne vais pas démissionner, je ne vais pas démissioner." Ce sont les mots de Luis Rubiales lors de son intervention pendant l'assemblée qui devait décider de son sort. Face à son refus de quitter le poste de président de la Fédération, les réactions n'ont pas tarder en Espagne. Cette affaire semble loin d'être terminée.

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Une indignation partagée à tous les niveaux

Du côté des politiques, Irene Montero, ministre de l'Egalité, n'a pas tarder à réagir : "Le silence n’a pas fonctionné et discréditer la victime, ses réseaux de soutien et la revendication sociale féministe pour la garantie du droit à la liberté sexuelle ne fonctionnera pas non plus. Seul un oui est un oui."

Yolanda Diaz, vice-présidente du gouvernement et ministre du Travail, s'est également indignée de la prise de parole de Luis Rubiales et appelé à son départ : "Ce que nous avons vu aujourd’hui à l’assemblée de la fédération est inacceptable. Le gouvernement doit agir et prendre des mesures urgentes : l’impunité pour les actes machistes est terminée. Rubiales ne peut pas rester en fonction."

Plusieurs footballeurs ont également réagi à cette prise de parole. Iker Casillas, légende de la sélection espagnole et champion du monde 2010, a écrit dans un tweet : "Honte à vous. On devrait passer ces 5 jours à parler de nos filles ! De la joie qu'elles nous ont donné! Se vanter d'un titre qu'on n'avait pas dans le football féminin mais..."

David de Gea, libre de tout contrat, mais qui compte 45 sélections avec la Roja s'est lui aussi exprimé sur les réseaux sociaux : "Mes oreilles saignent."

L'un des principaux rivaux de Luis Rubiales, Javier Tebas, président de la Liga, a posté un long message sur son compte Twitter avec les abus du patron de la RFEF : "Insultes, bravades, chantages, menaces, espionnage et persécution, utilisation frauduleuse des instances fédératives, nous en souffrons... La liste des femmes et des hommes lésés par Luis Rubiales ces années-ci est trop longue et cela doit cesser."

Un premier joueur annonce qu'il arrête la sélection

Interrogé en conférence de presse avant le match contre Lens, Luis Enrique, entraîneur du Paris Saint-Germain et ancien sélectionneur de l'Espagne, intronisé grâce à Luis Rubiales, n'a pas cherché à épiloguer sur le sujet et a souligné le travail de son ancien patron : "Son travail a été exceptionnel, à lui et son équipe administrative. Les résultats ont été bons. (...) Mais sur les derniers épisodes, le président a reconnu ses erreurs je crois. Je pense que ce n'est pas nécessaire que je donne mon opinion à ce sujet. Je peux simplement dire qu'il a fait un travail remarquable".

Borja Iglesias, joueur du Betis et appelé depuis 2022 avec la Roja, a partagé sa peine sur les réseaux sociaux et a annoncé sa décision de ne plus retourner jouer avec l'Espagne tant ques les choses n'évolueraient pas : "Porter le maillot de l’équipe nationale espagnole est l’une des plus belles choses qui me soient arrivées dans ma carrière. Je ne sais pas si à un moment donné ce sera à nouveau une option, mais j'ai pris la décision de ne pas retourner en équipe nationale jusqu'à ce que les choses changent et que ce type d'acte ne reste pas impuni."

Article original publié sur RMC Sport