Afghanistan : au moins 30 agents de sécurité tués dans un attentat-suicide

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Au moins 30 membres des forces afghanes ont été tués dimanche dans un attentat-suicide dans la province de Ghazni, dans l'est du pays. L'attentat n'a pas été revendiqué pour l'instant, mais cette province est régulièrement le théâtre de combats entre militaires et talibans.

Selon un bilan encore provisoire, 30 membres des forces afghanes ont été tués dimanche 29 novembre dans un attentat-suicide à la voiture piégée contre leur base dans la province de Ghazni (est), selon des responsables.

"Nous avons reçu 30 corps et 24 blessés. Tous sont des membres des forces de sécurité", a déclaré à l'AFP Baz Mohammad Hemat, directeur de l'hôpital de Ghazni.

Selon le porte-parole du ministère de l'Intérieur, le kamikaze "a utilisé une voiture remplie d'explosifs", dans le district de Deh Yak, vers 7h30 du matin. "Le kamikaze a foncé directement à l'intérieur de la base avec un véhicule Humvee puis l'a fait exploser", a quant à lui déclaré le porte-parole du gouverneur de Ghazni.

Le ministère de la Défense n'a dénombré que 10 morts et 7 blessés dans un communiqué publié en début d'après-midi, mais minimise souvent les bilans de ce type d'incident. L'attentat n'a pas été revendiqué pour l'instant, mais la province de Ghazni est le théâtre de combats sans relâche entre forces afghanes et Taliban.

L'ombre des Taliban

Un autre attentat-suicide à la voiture piégée a tué un civil et en a blessé 20 autres dimanche matin, dans la ville de Qalat, capitale de la province de Zabol (sud), a indiqué le chef de la police provinciale. L'attaque – qui n'a pour l'instant pas été revendiquée – visait la voiture du chef du conseil provincial de Zabol, Atta Jan Haqbayan, qui a été blessé, a-t-il précisé.

Si les Taliban ont arrêté de cibler les forces américaines dans le cadre de l'accord américano-taliban signé en février à Doha, les insurgés n'ont fait cependant qu'intensifier leurs violences contre les forces afghanes depuis. Ils les attaquent quotidiennement à travers le pays malgré les pourparlers de paix entre les deux camps toujours en cours au Qatar.

Ces négociations ont débuté le 12 septembre, mais avancent très lentement en raison notamment de mésententes sur les simples règles de discussions. Les deux parties n'ont pas pu non plus se mettre d'accord sur un cessez-le-feu.

Des dizaines d'attaques-suicides

Les violences touchent aussi les civils. Mardi, au moins 14 d'entre eux ont été tués dans le centre de l'Afghanistan quand deux bombes ont explosé à Bamiyan, une ville célèbre pour ses bouddhas détruits par les talibans, pourtant considérée comme la moins dangereuse du pays.

Au cours des six derniers mois, les talibans ont mené 53 attaques-suicides et commis 1 250 attentats, qui ont fait 1 210 morts et 2 500 blessés parmi les civils, a déclaré le ministère de l'Intérieur la semaine dernière.

L'Organisation État islamique a également revendiqué des attaques sanglantes à Kaboul ces dernières semaines, dont deux contre des centres éducatifs, ainsi que des tirs de roquettes, qui ont tué plus de 50 civils.

Pendant ce temps, les troupes américaines continuent leur départ du pays. Washington s'est en effet engagé à retirer toutes ses troupes d'Afghanistan d'ici à mi-2021 en échange de garanties sécuritaires de la part des insurgés, selon l'accord signé entre les deux camps.

Avec AFP