Agressions sexuelles sur mineurs : pourquoi le cardinal Barbarin a-t-il été relaxé dans l’affaire Preynat ?

Faire prévaloir le droit sur l’émotion. Voilà la décision de la cour d'appel concernant le cardinal Barbarin, 69 ans, qui vient d'être relaxé jeudi 30 janvier 2020 pour ses silences sur les agissements pédocriminels du père Preynat. Une condition qui, au premier abord, peut surprendre. L'homme d'église avait commis des agressions sexuelles - reconnues - de 1971 à 1991 sur d’anciens scouts de la paroisse Saint-Joseph-Saint-Luc de Sainte-Foy-les-Lyon. “La cour d’appel considère en effet, comme le tribunal correctionnel, que contrairement à ce qu’il a toujours soutenu, le cardinal de Lyon avait bien eu, à compter de 2010 et de sa rencontre avec Bernard Preynat, une 'connaissance précise' du comportement de ce dernier. Mais elle relève que, sur ce point, le délit de non-dénonciation est prescrit”, détaille Le Monde. “La justice ne peut faire du symbolique son principe d’action ni son but ultime, même si un effet symbolique s’attache à ses décisions”, avait plaidé l’avocat général Joël Sollier le vendredi 29 novembre 2019. “Elle ne se prononce pas sur un phénomène dans son ensemble mais sur des cas individuels. Elle doit dire si un homme est coupable des actes dont on l’accuse conformément au droit existant, à un moment donné, dans une société donnée.” Les parties civiles, de leur côté, ont annoncé un pourvoi en cassation.

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De son côté, 20 Minutes, qui a pu consulter l’arrêt, précise : “Dans son argumentation, la cour d’appel indique qu’il n’y a pas d’obligation de dénoncer des violences sexuelles sur mineurs une fois que la victime est devenue majeure. La dénonciation ne s’impose que si la victime est en état de vulnérabilité, à savoir malade, infirme, enceinte ou en incapacité de saisir la justice elle-même.” Selon la cour, les victimes étaient en mesure de porter plainte elles-mêmes. La “souffrance des plaignants”, les “répercussions psychologiques” et la “mémoire traumatique” ne peuvent selon elle être

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