Agriculture: l'excès de pluie retarde certaines cultures dans la moitié nord de la France

Après avoir manqué de pluie en début d'année, certains agriculteurs situés au nord de la Loire font face à un trop-plein de précipitations qui détrempent leurs sols depuis début avril et les empêchent de travailler. Les sols agricoles contiennent ainsi tellement d'eau que les nouvelles précipitations ne peuvent pas pénétrer dans le sol. Il est possible que la dynamique s'inverse, mais certaines cultures sont déjà perdues. Une situation qui tranche avec la sécheresse des terres dans le sud de la France.

La pluie et la grêle ont déraciné par exemple une partie des betteraves cultivée par Bruno Cardot, agriculteur dans la région de Saint-Quentin, dans l'Aisne. "Pour moi, il y a entre 20 et 30% de pertes", partage-t-il au micro de RTL. Aujourd'hui, ses champs sont détrempés et donc en partie inexploitables.

D'autres exploitants ont décidé de repousser la plantation de leurs cultures en attendant l'accalmie. C'est le cas d'Anthony Carbiener, agriculteur à Printzheim, dans le Bas-Rhin, qui regarde la météo "plusieurs dizaines de fois par jour" pour organiser son programme de mise en terre. Si bien que les 45.000 plants de courges qu'il doit planter "depuis une dizaine de jours" commencent à jaunir devant un hangar.

Problème: un plant mis en terre trop tard, "ce sera un plan qui aura un mauvais enracinement dans le sol et qui ne donnera pas une production totale en automne. Ce sera une perte pour nous", explique-t-il à franceinfo.

Amélioration impérative d'ici mi-juin

Les conditions météorologiques devraient être meilleures dans les semaines à venir et pourraient permettre un développement suffisant des cultures, malgré un décalage du moment de mise en terre. "On est sur un problème ponctuel, c'est différent par exemple de 2022 où on a connu une sécheresse de printemps qui n'était pas rattrapable", partage l'agro-climatologue Serge Zaka.

"Mais si cette situation persiste jusqu'à mi-juin, ce ne sera pas rattrapable non plus", prévient l'agro-climatologue Serge Zaka.

Le risque est toutefois de voir la situation changer trop radicalement après les pluies importantes tombées récemment. "Comme on a vécu les pieds dans l'eau, il ne faut surtout pas que ce soit l'inverse dans les temps à venir et qu'on se retrouve à 40 degrés au 15 juin", détaille Olivier Lesage, conseiller agricole dans les régions de Béthune (Pas-de-Calas) et Hazebrouck (Nord) pour la Chambre d'agriculture des Hauts-de-France.

Risque de maladies, de manque d'ensoleillement ...

Plongées dans l'eau, les cultures déjà en terre peuvent aussi être victimes de l'humidité ambiante. Celle-ci peut occasionner le pourrissement de plants mais aussi des maladies comme le mildiou ou des infestations avec l'arrivée de pucerons.

"Ma plus grosse appréhension, c'est le manque d'ensoleillement", partage Olivier Lesage. Selon ses estimations, confirmées par celles de Serge Zaka, ce déficit de luminosité se situe entre 20 et 30% selon les régions. Les deux experts appellent toutefois à ne pas être alarmiste et l'agro-climatologue résume: "il n'y a jamais d'année parfaite en agriculture".

Article original publié sur BFMTV.com