"Il aimait bien le fait que je fasse jeune": 6 femmes témoignent sur leur relation avec Norman Thavaud

Le youtubeur, Norman Thavaud, ici en mars 2017 a été placé en garde à vue pour viol et corruption de mineurs ce lundi 5 décembre 2022 - JOEL SAGET / AFP
Le youtubeur, Norman Thavaud, ici en mars 2017 a été placé en garde à vue pour viol et corruption de mineurs ce lundi 5 décembre 2022 - JOEL SAGET / AFP

"Il aimait bien le fait que je fasse jeune, que je ne fasse pas mon âge, que je ne fasse pas adulte." Dans une vidéo de plus de 40 minutes, le youtubeur "Le Roi des Rats" a publié mardi soir une "enquête sur Norman Thavaud alias Norman Fait des Vidéos" regroupant les témoignages de six femmes.

Elles y relatent leur relation avec le youtubeur dont la garde à vue pour viol et corruption de mineur - dans le cadre d'une enquête préliminaire confiée à la Brigade de protection des mineurs (BPM), ouverte en janvier 2022 - a été levée mardi soir "pour poursuite d'enquête", sans poursuites à ce stade.

Parmi ces jeunes femmes, qui témoignent à visage découvert ou sous couvert d'anonymat, figure Maggie D., une fan québécoise, qui avait publiquement accusé Norman Thavaud en 2020 de l'avoir manipulée pour obtenir des photos et vidéos à caractère sexuel, alors qu'elle avait selon elle 16 ans à ce moment-là. Elle avait indiqué avoir porté plainte au Canada.

"Le Roi des Rats" n'a pas précisé dans sa vidéo si les autres témoins faisaient partie des cinq autres femmes qui ont porté plainte contre le youtubeur, d'après le ministère public.

Un mode opératoire se dessine

Les six témoignages recueillis mettent en évidence un mode opératoire de Norman Thavaud auprès de ces femmes pour obtenir des photos dénudées, voire des rapports sexuels.

"Quand je l’ai repoussé, il avait dit une phrase du style ‘je ne pensais pas que t’étais une fille comme ça’ […] Il m’a dit: ‘normalement, à ton âge, on fait déjà des trucs. C’est un caractère de bébé que t’as’", a confié une jeune femme qui avait 18 ans au moment des faits. Cette référence à l'âge revenait, d'après les témoins, à chaque fois qu'elles lui refusaient une demande.

Une différence d'âge qui n'était, selon elle, d'ailleurs parfois pas un problème pour le créateur de contenu. "Il me faisait beaucoup de remarques sur le fait qu’il aimait bien le fait que je fasse jeune, que je ne fasse pas mon âge, que je ne fasse pas adulte", a-t-elle poursuivi.

D'après Libération, cinq potentielles victimes pourraient avoir subi un viol. Deux étaient mineures au moment des faits.

"Il avait retiré le préservatif"

Au cours de la vidéo sortie mardi soir, un témoin a accusé Norman Thavaud d'avoir retiré, sans son consentement, son préservatif durant un rapport sexuel.

"On a eu un rapport, il a utilisé un préservatif. Sauf que quand le rapport a été fini, je me suis rendu compte, physiquement et en regardant sur le côté, qu’il avait retiré le préservatif", a-t-elle expliqué.

Cet acte, appelé "sleathing", est considéré comme un crime sexuel au Canada depuis août, mais un flou juridique persiste en France, faute de jurisprudence.

Le groupe "Les Audacieuses"

À la fin de la vidéo, Maggie D. a révélé qu'après la publication de son témoignage sur le média canadien Urbania, une "trentaine" de "victimes" se sont rapprochées d'elle. "La majorité des histoires ressemblait à la mienne", a-t-elle indiqué.

Alors, elle a décidé de créer un groupe qu'elle a baptisé "Les Audacieuses". "Au début, on était une quinzaine dans le groupe. Maintenant, on est onze. On se valide dans les émotions et dans les crimes qu'on a vécus", a-t-elle conclu.

Article original publié sur BFMTV.com