Alors que ses films sont diponibles sur Amazon Prime, quel est l'héritage laissé par Maurice Pialat ?

Jean-Baptiste Morain
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Défaire le film tout en le tournant. Qu’est-ce que ça veut dire ? Pas tout à fait le foutre en l’air, mais partir d’un scénario écrit et empêcher que le film, au tournage, ne devienne un scénario filmé. Du ronron, du train-train, la messe du cinéma.

Maurice Pialat cherche – y parvient-il réellement ? Au fond, peu importe, c’est le geste, la volonté qui compte – une vérité, une vérité qui échappe aux clichés, et les scénarios ne dessinent que des personnages trop nets, trop figés. Alors il faut brusquer tout cela, y compris ou surtout les acteurs. Faut que ça bouge, que ça tremble, que “la peinture n’ait pas séché”, comme le disait Jacques Dutronc après avoir joué dans Van Gogh – Pialat a d’abord été peintre.

Desplechin a dit un jour qu’un plan ne devait jamais être trop “propre”. Idée qui s’inscrit dans une tradition française, qui naît sans doute chez Jean Renoir et passe d’évidence par Pialat. Il lui fallait recourir pour cela à un art du déséquilibre, ou à l’irruption d’un événement, d’un personnage, d’une réplique dans la scène ou même hors de la scène, entre les prises, dont il invisibilisait volontiers les contours, par exemple en ne disant pas “action !” en début de plan ou “coupez” à la fin. Le flottement entre le jeu et le réel, c’est peut-être ce qui fait la beauté immarcesci

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