Alzheimer : des chercheurs ont mis au point une méthode qui détecte la maladie précocement

Nouvelle avancée dans le dépistage précoce de la maladie d'Alzheimer. Une étude publiée le 1er septembre 2022 dans la revue scientifique Plos Genetics met en lumière une nouvelle méthode pour détecter précocement la maladie d'Alzheimer chez les personnes les plus à risque, avant même l’apparition des symptômes.

“Nous avons développé un moyen de détecter un marqueur génétique de la maladie d'Alzheimer associé à la fois au diagnostic clinique et au déclin cognitif lié à l'âge”, a ainsi déclaré le Dr Amit Khera, auteur principal de l’étude, cité par The Independent.

Pour ce faire, les chercheurs du Broad Institute du MIT et de Harvard ont analysé les données de 7,1 millions de séquences d’ADN tirées d'une précédente étude, qui comprenait des dizaines de milliers de personnes porteuses ou non de la maladie d’Alzheimer. Pour affiner leurs résultats, les scientifiques ont ajouté les données de 300 000 personnes supplémentaires, atteint ou non par la pathologie neurodégénérative. 

Des biomarqueurs protéomiques mis en cause

Durant leurs recherches, les experts du MIT et d'Harvard ont observé 3 000 protéines présentes dans le sang chez les individus considérés comme à haut risque de développer la maladie. Leur analyse a montré que 28 d’entre elles seraient liées à un risque de développer la maladie Alzheimer.

“En étudiant le protéome d'individus en bonne santé présentant un risque héréditaire très élevé ou faible, notre équipe a identifié de nouveaux biomarqueurs de maladies neurocognitives”, explicite Amit V. Khera, auteur principal de l’étude. Le protéome humain, “c’est l’ensemble des protéines produites dans notre organisme à partir de nos gènes. Bien plus vaste que notre génome, il s’agit d’une entité complexe et dynamique car un même gène peut conduire à la synthèse de différentes protéines selon les circonstances”, explique le site de l’INSERM. 

Selon les chercheurs américains, l’identification de ces protéines sanguines pourrait permettre de développer des médicaments à l’avenir. Et même de trouver des méthodes pour détecter chez les personnes à risques, leur présence ou non, afin de freiner le développement des symptômes. 

Quelques limites cependant à ces résultats. La méthode évoquée ici, basée sur l’ADN, ne peut pas être utilisée pour le moment en tout cas, par des médecins pour diagnostiquer la maladie chez leurs patients. De plus, toutes les séquences génétiques étudiées provenaient d’individus européens. Ces résultats restent donc de bonnes pistes pour faire avancer la recherche. 

La recherche continue sur la maladie d’Alzheimer

Alors que le 21 septembre 2022 se déroulera la journée mondiale de la maladie d’Alzheimer, de nombreuses recherches et études sont toujours en cours afin de tenter de diagnostiquer plus en amont cette maladie neurodégénérative, et ainsi, parvenir à la soigner.

En septembre 2021, des chercheurs de l’Université de Washington aux États-Unis avaient également réussi à prédire quand pouvaient apparaître les premiers symptômes de la maladie d’Alzheimer, toujours grâce à la présence de certaines protéines.

Publiée dans la revue Neurology, l’étude avait pointé du doigt des niveaux élevés d’amyloïde (agrégat de protéines qui se forment autour des neurones).

“L'âge d'apparition des symptômes dans la maladie d'Alzheimer sporadique est fortement corrélé à l'âge auquel un individu atteint un point de basculement dans l'accumulation d'amyloïde”, pouvait-on dire dans l‘étude.

Les chercheurs avaient donc l’espoir de pouvoir prévoir à quel moment les individus développeront la maladie et donc favoriser une prise en charge précoce.

Cette nouvelle étude vient donc encore alimenter la littérature scientifique quant à un potentiel diagnostic précoce de cette maladie qui touche chaque année 225 000 nouveaux cas en France.



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