Amiens : croisière dans la Venise maraîchère

Dans la Somme, à quelques pas du centre-ville d'Amiens, se cache une lagune hérissée de saules et de peupliers, parsemée d'îlots minuscules, entrecoupée de canaux où coule une eau couleur tabac. Un monde caché que l'on peut découvrir des premiers beaux jours à l'automne. Une fois remonté le boulevard d'Alsace-Lorraine et passé le pont de Beauvillé, il faut descendre quelques marches étroites qui s'enfoncent sous une tonnelle : là, s'ouvre un marais insoupçonnable où tout n'est plus que gazouillis, croassements et clapotis.

Alimenté par deux cours d'eau, la Somme et l'Avre, ce labyrinthe aquatique est un havre de paix. Depuis toujours, les locaux l'appellent "hortillonnages". Dérivé du latin hortus (jardin), ce nom picard raconte à lui seul une longue histoire. Pendant près de deux mille ans, de l'Antiquité à l'après-Seconde Guerre mondiale, ces parcelles de terre furent cultivées en d'immenses potagers flottants. « Le sol a toujours été d'une richesse inouïe et l'irrigation permanente : il n'y a pas mieux pour faire pousser des légumes ! », s'enthousiasme Jean-Louis Christen, l'un des derniers maraîchers professionnels du coin. Il y a un siècle, s'activaient encore plus d'un millier de cultivateurs comme lui. Ils vendaient chaque jour leur production sur les marchés d'Amiens et des environs. Dans les années 1960, les agriculteurs ayant presque disparu, on décida de combler le marais afin d'y faire pousser… une rocade autoroutière ! C'était oublier l'attachement viscéral des Amiénois (...)

(...) Cliquez ici pour voir la suite

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles