Annulation de voyage : le remboursement sec est "un principe fondamental", rappelle Bruxelles

Des passagers au comptoir d'Air France en janvier 2020

La Commission européenne a annoncé mercredi qu’elle allait envoyer une lettre en forme de piqûre de rappel aux États membres de l’UE. Son objectif : rappeler aux compagnies aériennes que le remboursement d’un voyage annulé doit rester la norme. 

“À partir d'aujourd'hui, puisque nous avons pris la décision de la Commission à ce sujet, des lettres seront envoyées aux États membres qui violent ce principe fondamental”. Par la voie de sa vice-présidente Margrethe Vestager, la Commission Européenne tape du poing sur la table et rappelle à l’ordre les gouvernements des 27 pays de l’Union européenne. 

Selon Bruxelles, les citoyens de l’UE doivent pouvoir se faire rembourser, s’ils le souhaitent, un voyage annulé en raison de la pandémie de Covid-19. En théorie, la loi est du côté des consommateurs sauf que les professionnels du tourisme penchent majoritairement pour les avoirs afin de garder de la trésorerie.

Dans sa missive, la Commission européenne a réaffirmé l’obligation pour les compagnies aériennes opérant en Europe de rembourser les vols annulés à tous les passagers qui l’exigent. Les avoirs doivent rester facultatifs. 

“Une question de survie”

“Le remboursement du coût total du billet est dû dans les 7 jours suivant la demande du passager dans le cas du transport aérien, maritime et fluvial, sous 14 jours pour le bus et l'autocar et un délai d'un mois pour le transport ferroviaire”, rappelle l’institution. Rappelons que l’avoir peut être une option mais seulement si le passager l’accepte. 

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Problème : les compagnies aériennes, dont les avions sont cloués au sol depuis deux mois, sont dans le rouge. La perte en chiffres d'affaires pour les compagnie aériennes européennes en 2020 est colossale : environ 89 milliards de dollars. L’Europe est particulièrement touchée. Sur les 35 milliards de dollars de billets non-utilisés, environ 10 milliards sont à la charge des compagnies du Vieux Continent, estime l'Association internationale du transport aérien (IATA).

“En l'absence de recettes, les compagnies aériennes n'ont pas une trésorerie suffisante pour rembourser”, explique Alexandre de Juniac, le directeur de l’IATA. Bien conscient “du problème que cela peut poser pour les clients”, il évoque aussi une “question de survie” pour les compagnies aériennes dans des propos rapportés par Les Échos. Face à cette attitude, l'UFC-Que choisir a décidé de mettre en demeure 57 compagnies fin avril.

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