Et si “Antoinette dans les Cévennes” était un remake du “Rayon Vert” ?

Ludovic Béot
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Tout ce que 2020 nous a refusé est dans le cinéma de Rohmer (le hasard d'une rencontre, une promenade à deux le long d'une plage, les corps se balançant dans une boîte de nuit). Pourtant, comme recouverte de son ombre consolatrice, 2020 n'en fut pas moins rohmérienne. On y célébra les 100 ans de sa naissance et les 10 ans de sa mort, tandis que deux ouvrages poursuivirent l'exploration de son regard et de sa méthode : Le Sel du présent, regroupement de ses écrits critiques et Conte des mille et un Rohmer, journal de bord de son amie et fidèle collaboratrice Françoise Etchegaray. 2020 vit également naître deux remakes plus ou moins officieux de l'un de ses plus beaux films, Le Rayon vert. Deux films parmi les meilleurs de l'année écoulée : Eva en août de Jonás Trueba et Antoinette dans les Cévennes de Caroline Vignal.

Si la presse s'entendit unanimement, et à juste titre, pour décrire le premier comme une errance estivale rejouant le film de Rohmer (influence d'ailleurs totalement revendiquée par son auteur espagnol) les liens établis avec le second furent moins systématiques alors qu'ils sont peut-être plus profonds. Antoinette dans les Cévennes s’approche de l’objet original de façon plus oblique, notamment par l’incursion dans d’autres genres (du western au buddy movie en passant par la comédie romantique) mais reprend presque à l'identique l’ossature du récit de Rohmer.

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