Après « Charlie », la vie sans Tignous

Géraldine Pasquier

Dans « Si tu meurs, je te tue », Chloé Verlhac, l'épouse du dessinateur de presse assassiné, raconte son 7 janvier 2015 et les cinq années qui ont suivi.  

C'est une maison chaleureuse à Montreuil, pleine de vie, de souvenirs et de chats. Un gros tout rond se planque sous une chaise. « Voici Hô Chat Minh, le chat de notre fils Solal. Il avait disparu courant 2015, ça avait ajouté un petit drame au grand. » C'est tout récemment que le chat de Solal a réapparu, au rendez-vous des cinq ans, et du livre que Chloé Verlhac vient d'achever. « J'aime les histoires comme celle-là, qui font signe », dit-elle en faisant couler le café.

Chloé avait 36 ans le matin du 7 janvier 2015. Elle était alors une femme comblée, bombe d'humour à l'esprit crapule, et « sûrement la plus teigne des deux », disait avec tendresse Tignous (surnom qui signifie petite teigne, en occitan). Après l'assassinat de son mari, elle quitte sa vie dans le théâtre pour devenir, selon ses propres mots, « l'attachée de presse de Tignous » – et une vraie machine de guerre. Elle crée sa structure, Petites Teignes – pour les représenter, elle et ses enfants –, fait publier onze recueils et livres de ses œuvres en quatre ans et demi, organise des expositions et des conférences sur son travail partout en France. « Je savais que je pouvais le faire vivre, puisqu'on avait ses dessins, raconte-t-elle aujourd'hui. Pour lui d'abord, et aussi pour nous, dans la mesure où, pour leur résister, il fallait rester digne, ne pas avoir peur, continuer à vivre. » Et répondre à ceux qui ne voulaient plus voir les caricatures de Tignous en...

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