Après avoir eu un ou des enfant(s), les femmes voient leur salaire chuter drastiquement

Wassila Djellouli
Journaliste lifestyle

Les femmes du secteur privé ayant des enfants connaissent en moyenne une baisse de salaire pouvant aller jusqu'à 57%. C'est ce que montre une récente étude de l'INSEE dont les résultats alarmants rouvrent les plaies causées par les inégalités salariales entre les sexes...

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Nul ne l'ignore : les femmes ont en moyenne un salaire inférieur à celui des hommes. Selon l'INSEE, il existe en effet un écart moyen non expliqué entre les deux sexes d’environ 9,3 %, si l'on prend en compte les différences d’âge, de secteurs d'activité, catégories socio-professionnelles, de contrat, de temps de travail et de taille d’entreprises.

5 ans après leur premier accouchement, les mères gagnent en moyenne 25% de moins

Mais il existe une autre inégalité criante, qui oppose les femmes et les hommes, mais également cette fois-ci les femmes entre elles : dans le secteur privé, celles qui ont un ou des enfants connaissent une importante baisse de salaire que ne subissent pas les femmes sans enfant.

Et pas seulement dans les mois qui suivent leur accouchement. Selon une autre étude de l'INSEE dont les conclusions ont été rendues publiques le 10 octobre 2019, les mères de famille touchent 25% de moins que leurs collègues femmes sans enfant, cinq ans après la naissance de leur premier enfant.


Et c'est pire encore pour celles qui “osent récidiver” : après l’arrivée d’un 2ème et d'un 3ème enfant, celles-ci tombent à 50% puis 57% de salaire en moins. De quoi mettre potentiellement en péril les finances de la famille...

Pas la faute des employeurs, quoique...

Mais il ne faudrait pourtant (cette fois) pas fustiger les employeurs. Du moins pas directement. L'INSEE considère que cette inégalité est en effet davantage le fait d'une "décision des ménages" que d'une discrimination au travail. Explication : les femmes étant généralement moins bien payées que les hommes, ce sont souvent elles qui passent à temps partiel ou arrêtent de travailler pour s'occuper des enfants. Pour les plus modestes d'entre elles qui peuvent perdre jusqu'à 38% de salaire après le premier enfant, il est d'ailleurs parfois plus avantageux de rester à la maison que de payer des frais de garde.

Mais si la décision relève d'une certaine logique, elle s'apparente à un cercle vicieux : tant que les femmes gagneront moins d'argent que les hommes, elles continueront pour certaines à travailler moins à l'arrivée de leur(s) enfant(s) et donc en conséquence... à gagner encore moins d'argent !