Arezo, l'Afghane résignée mais pas vaincue

Haute fonctionnaire en Afghanistan, Arezo [son nom a été modifié] s’épanouissait dans sa vie de femme active. La prise du pouvoir par les talibans le 15 août 2021 a fait basculer son destin. Elle n’est désormais plus qu’une ombre sociale, contrainte de rester à domicile, simplement parce qu’elle est une femme.

De notre correspondante à Kaboul,

« Tous les aspects de ma vie ont changé », souffle Arezo. Elle se confie dans l’intimité de son salon moderne. Les tables basses sont garnies de fruits secs et de biscuits, comme l’exige l’hospitalité afghane. « Avant je gagnais bien ma vie, je me plaisais dans mon travail », raconte l’ancienne haute fonctionnaire sous couvert d’anonymat. « Aujourd’hui, le peuple entier est dans le même bateau », dit-elle. « Nous ne pensons qu’à une chose, nos problèmes financiers ».

Né en 1972 dans la capitale afghane, Arezo est une pure Kaboulienne. Elle grandit au sien d’une grande fratrie couvée par une mère au foyer et un père tailleur pour hommes. Après une licence de langues étrangères et de littérature anglaise au début des années 1990, elle se lance dans un master de sciences politiques et de relations internationales à l’université de Kaboul. Un parcours universitaire qui sera perturbé par l’arrivée des talibans en 1996. Les étudiants en religion originaires du sud du pays prennent le pouvoir et appliquent une version rigoriste de la charia, la loi islamique. Les femmes sont assignées à résidence, forcées de porter le tchadri, la burqa et ne sont pas autorisées à sortir de chez elles sans être accompagnées d’un maharam, un chaperon masculin issu de leur famille proche.


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