Arrestation d'Aung San Suu Kyi : le retour de la junte en Birmanie

Alice Augustin
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Alors que l'armée a arrêté Aung San Suu Kyi et instauré l'état d'urgence pour un an, retour sur le fragile exercice de la démocratie dans un pays hautement inflammable.

L’histoire semble se répéter. Lundi 1er février, Aung San Suu Kyi, chef du gouvernement en Birmanie et leader emblématique de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), était arrêtée par la junte militaire avec d’autres membres de son parti, dont Win Myint, le président en place. Libérée en 2010, après de multiples arrestations depuis son retour en Birmanie en 1988 et une quinzaine d’années assignée à résidence, la Prix Nobel de la paix se retrouve une fois de plus bâillonnée alors que son parti a remporté en novembre dernier une écrasante victoire aux élections législatives.

« Les militaires ont agi avant la tenue de la première réunion du nouveau Parlement, explique Sophie Boisseau du Rocher, chercheuse au centre Asie de l’Ifri (Institut français des relations internationales). En 2015, le succès de la LND dans les urnes avait déjà secoué l’armée, et le scrutin de novembre a été encore plus favorable à la LND. Il fallait stopper ce processus de démocratisation avant qu’il ne soit trop tard, d’autant qu’Aung San Suu Kyi avait l’intention de modifier la Constitution et de diminuer la place de l’armée, encore très puissante dans les institutions. »

« Une plus grande liberté pour la population »

Une popularité que la leader birmane doit sans doute à un bilan plutôt positif sur certains aspects: « En la laissant prendre le pouvoir en 2012, l’armée comptait sur le fait qu’elle échoue, poursuit Sophie...

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