Attentat de Charlie Hebdo : Chloé Verlhac, la veuve de Tignous, raconte qu’il est mort “le feutre à la main”

“Il m’a dit ‘A toute à l’heure’, il ne m’a pas dit ‘Au revoir’ et cela a été finalement très, très long d’arriver à se dire au revoir.” C’était il y a cinq ans jour pour jour. Ce terrible matin du 7 janvier 2015, Chloé Verlhac dit au revoir à Bernard Verlhac, dit Tignous, père de ses deux enfants (âgés de 9 et 5 ans à l’époque) qui s’en va au journal satirique Charlie Hebdo, visé par un attentat. A cet instant précis, elle ne sait pas encore qu’il s’agit de la dernière fois qu’elle le voit. Invitée mardi 7 janvier 2020 au micro de France Inter, la veuve du dessinateur a accepté de revenir sur les circonstances de la mort de son compagnon et de se souvenir de leurs derniers moments. “Il m’a même fait un doigt d’honneur en riant, ce que j’ai beaucoup aimé parce que ça lui ressemblait énormément”, glisse-t-elle, les yeux embués. “Je lui ai fait une petite moue de chagrin donc il a fini par me faire un coeur avec les doigts et à passer sa main au-dessus du portail.” A 11h30, le cousin de Tignous l’appellera pour le prévenir d’une fusillade à la rédaction. Elle se précipite alors sur place et se retrouve en plein cauchemar : pendant plus d’une heure, personne ne voudra annoncer à Chloé Verlhac que l’homme avec qui elle partageait sa vie est mort.

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Dans son livre Si tu meurs je te tue, publié aux éditions Plon le 2 janvier 2020, Chloé Verlhac explique qu’elle restera pendant des mois “obsédée par les circonstances de sa mort”, jusqu’à se porter partie-civile “pour avoir accès à l’autopsie.” Après avoir évoqué la bataille administrative qu’elle a menée et les rendez-vous ratés avec les psychologues, elle se souvient ainsi avec émotion, face à la journaliste Léa Salamé : “L’imagination est extrêmement fertile, j’ai dormi avec des images monstrueuses de mort, de scènes que j’ai imaginées et qui m’ont détruite. J’avais besoin de savoir pour arrêter de me fabriquer des dizaines de scénarios, j’avais besoin de visualiser,

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