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Au Kenya, au moins 201 morts attribués à la secte de Shakahola

Paul Nthenge Mckenzie, l’homme derrière la secte de Shakahola au Kenya, au tribunal de Mombasa, le 5 mai dernier.
Paul Nthenge Mckenzie, l’homme derrière la secte de Shakahola au Kenya, au tribunal de Mombasa, le 5 mai dernier.

KENYA - Le bilan du « massacre de Shakahola » dans une forêt du sud-est du Kenya, où se réunissait une secte dont le chef prônait le jeûne pour « rencontrer Jésus », s’élève désormais à 201 morts après la découverte samedi 13 mai de 22 nouveaux corps, a annoncé la préfète de la région.

La police estime que la plupart des corps découverts près de la ville côtière de Malindi sont ceux d’adeptes de la secte de Paul Nthenge Mackenzie, un ancien chauffeur de taxi, autoproclamé « pasteur » de l’Église Internationale de Bonne Nouvelle (Good News International Church) qu’il a créée.

La préfète de la région, Rhoda Onyancha, a précisé que 26 personnes avaient été arrêtées à ce jour, dont Paul Nthenge Mackenzie et un « gang d’hommes de main » chargés de vérifier qu’aucun adepte ne rompait le jeûne ou ne s’échappait de la forêt. Paul Mackenzie s’était rendu aux autorités le 14 avril, après la découverte par la police des premières victimes dans la forêt de Shakahola. Une cinquantaine de fosses communes ont été découvertes depuis.

Des victimes étranglées, battues ou étouffées

Les enquêteurs vont interrompre les exhumations au cours des deux prochains jours pour réorganiser leurs opérations, qui devraient reprendre mardi, a ajouté Rhoda Onyancha. Il ressort des autopsies pratiquées sur les premiers corps que la plupart des victimes sont mortes de faim, vraisemblablement après avoir suivi les prêches de Paul Nthenge Mackenzie.

Certaines victimes, dont des enfants, ont toutefois été étranglées, battues ou étouffées, a indiqué récemment le chef des opérations médico-légales, Johansen Oduor. Ce massacre a ravivé le débat sur l’encadrement des cultes au Kenya, pays en majorité chrétien qui compte 4 000 « églises », selon des chiffres officiels.

Le président William Ruto a créé un groupe de travail chargé de « l’examen du cadre légal et réglementaire régissant les organisations religieuses ».

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