Au procès du 13-Novembre, les avocats de Mohamed Abrini plaident ses renoncements

Alors que les plaidoiries de la défense touchent à leur fin dans le procès des attentats du 13 novembre 2015, les avocats de Mohamed Abrini ont demandé ce jeudi à la cour d’assises spéciale de le condamner à 30 ans de prison.

De nos envoyés spéciaux au palais de justice de Paris,

« Serrer sa mère dans ses bras. Entendre le bruit du vol des oiseaux. Border son gamin qui vient de s’endormir devant un dessin animé. Voir l’océan. Ouvrir la porte de sa propre maison. Tout ça, c’est terminé pour lui. Il n’a pas attendu 10 mois pour s’en rendre compte. Il le sait depuis le début. Mohamed Abrini est coupable. Vous allez le condamner. Vous allez le punir lourdement. Il le sait, il l’assume. Mais vous n’oublierez jamais que Mohamed Abrini n’a pas cessé une seule seconde de douter. » Ainsi commence la plaidoirie puissante de Me Marie Violleau.

D’une écriture ciselée, la voix tranchante, l’avocate de Mohamed Abrini dresse le portrait d’un homme. « Un homme digne », dit-elle. Un homme qui lit de la poésie et qui pendant les journées d’audience fait passer à ses avocats des poèmes écrits sur des bouts de papier. Comme ces quelques vers de Baudelaire qu'elle lit : « Un homme épouvantable entre et se regarde dans la glace. Pourquoi vous regardez-vous au miroir, puisque vous ne pouvez-vous y voir qu'avec déplaisir ? » « Mohamed Abrini n’est pas un homme épouvantable, en tout cas ce n’est pas comme ça que je le vois. »

Me Eskenazi rappelle enfin ce qu’avait dit Abdelhamid Abaaoud à Mohamed Abrini pour tenter de le convaincre de se joindre aux commandos : « Si tu n’y vas pas, tu passeras ta vie en prison. » « Donnez-lui tort, je vous en conjure. »


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