Au procès de l'attentat de Nice, les avocats plaident aussi pour les « victimes invisibles »

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Au procès de l’attentat du 14 juillet 2016 à Nice, les avocats de parties civiles ont évoqué ces derniers jours les « victimes invisibles » : celles qui n’ont pas pris la parole à l’audience, n’y ont pas assisté ou ont même renoncé à faire valoir leurs droits à une réparation.

Pendant cinq semaines, 270 victimes de l’attentat sont venues témoigner devant la cour d’assises spéciale de Paris. « Mais il y a aussi ceux que vous n’avez pas entendus », a souligné l’avocate Océane Dufoix, appelant à ne pas oublier ceux qui « ont choisi le silence ». « Ce que vous avez entendu, ce n’est que la partie émergée de l’iceberg tellement plus vaste d’une humanité ravagée », a prévenu Nicolas Gemsa, conseil d’environ 300 victimes.

Au total, 2 500 personnes se sont constituées partie civile. Certaines fauchées par le camion-bélier de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel ou choquées par « tout ce qu’elles souhaiteraient n’avoir jamais vu ». D’autres n’étaient pas présentes mais un de leurs proches est décédé ou traumatisé ; l’attentat avait fait 86 morts et plus de 400 blessés sur la Promenade des Anglais.

Pour beaucoup, venir déposer n’était pas envisageable : ce qu’elles ont vécu est trop « difficile à nommer ». C’est le cas pour le beau-père de Romain, tué à 10 ans. « Dès que j’y pense, je m’écroule », a-t-il confié à son avocat Jérôme Gay, venu « témoigner des souffrances infinies » de cette famille. « Je vais essayer de faire résonner les cris de mes parties civiles », a aussi promis Me Michèle Siari. Les quatre familles qu’elle assiste « n’ont pas pu se déplacer et s’exprimer devant vous » parce qu’elles « ne se sont pas senties légitimes ».

Par sa voix, la cour a...

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