Avortement : il existe désormais un test pour détecter la prise d'une pilule abortive et ça fait peur

En Pologne, où l'avortement est interdit, un test de laboratoire permet de détecter si une personne a pris ou non une pilule abortive, rapporte le New York Times. Le test aurait déjà été utilisé dans quelques enquêtes. Et il pourrait s'exporter dans d'autres pays, comme les États-Unis.

Alexi Rosenfeld

C'est une nouvelle menace qui pèse contre l'accès à l'avortement. Outre la remise en cause de ce droit dans des pays comme la Pologne (depuis une décision du Tribunal constitutionnel en 2020) et dans certains États Américains (depuis 2022), il serait désormais possible de détecter, via un test de laboratoire, la prise d'une pilule abortive. C'est ce que révèle le New York Times qui rapporte néanmoins que ce test, mis au point en Pologne, n'aurait pas été utilisé ailleurs dans le monde. Au moins pour l'instant. "Nous avons l'impression qu'il n'est qu'une question de temps avant que l'État américain n'adopte ce test", s'alarme le média féministe américain Jezebel.

Jusque-là, la prise d'une pilule abortive n'était pas détectable

Car l'arrivée de ce test de laboratoire rebat les cartes. En effet, dans les régions du monde où l'avortement est interdit, il existe tout un réseau d'informations, accessibles en ligne via Safe2Choose par exemple, auprès d'associations ou de lignes téléphoniques. Il permet de savoir comment se procurer et utiliser sans risque de la Mifépristone et de la Misoprostol, les pilules utilisées pour avorter.

Surtout, comme l'indiquaient jusque-là des associations de défense du droit à l'IVG, les professionnels de santé ne pouvaient pas détecter l'avortement médicamenteux car il "provoque essentiellement une interruption naturelle de grossesse (ou fausse couche) et qu'il n'existe aucun test pour détecter ces médicaments". Or, le test mis au point en Pologne permet de détecter la Milépristone dans un échantillon de sang et la (...)

Cliquez ici pour voir la suite

VIDÉO - Loi anti-avortement en Pologne : "C'est très grave ce qu'il vient de se passer. C'est une atteinte énorme à la liberté des femmes"