Ayez le culot d'être élégant !

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Où se situent les curseurs de la vulgarité et l'élégance aujourd'hui ?

Ça sonne un peu old school. Autrefois, « vulgaire », ça voulait dire « peuple », « ordinaire », « impudique »… Ça évoquait un comportement, disons, outrancier. Ça s’appliquait essentiellement aux femmes. Celle qui fume dans la rue, celle qui boit comme un trou, celle qui se maquille comme une voiture volée, celle qui creuse le décolleté, celle qui rit trop fort, celle qui s’assied les jambes écartées…

Mais aujourd’hui ? La vulgarité nous a tellement envahis qu’on ne sait plus ce qu’elle recouvre. On est loin du débat autour de Coluche. L’homme était d’une grossièreté sans nom mais avait une pensée noble. Ironique, satirique, féroce. Pas vulgaire. Sa salopette, volontairement « prolo » à l’époque, trône maintenant dans les collections « créateurs ». Bientôt un « basique », comme le jean troué ou le pantalon à mi-fesses (le bumper). Passons. Récemment, « The Guardian » s’extasiait sur « Dix pour cent ». Pas tant sur les intrigues que sur les… fringues. Le style. Cottin et son irrésistible « casual » – « Ses vêtements ne parlent jamais plus fort qu’elle », résume la costumière. Montalembert et ses souples costards de décideur. C’est surtout une façon « parisienne » d’habiter le vêtement. Ces « Frenchies » de « Call my Agent ! » bluffent l’Amérique par leur absence totale de « vulgarity ». Ce que, il faut l’avouer, « Sex and the City » n’avait jamais réussi.

Marie Le Pen ne se débarrassera jamais d'une intrinsèque vulgarité

Or que rencontrons-nous aujourd’hui dans nos quotidiens de Français exemplaires ? Dans la rue, dans le bus, sur nos écrans ? De moins en moins d’élégance, c’est un euphémisme. On braille au téléphone dans le train, on pianote sur son Samsung à table, on invective sur Twitter, ou dans la file(...)


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