Bactéries, papillons, Covid-19 : l'évolution en accéléré

·2 min de lecture

Les changements brusques introduits par l'humain dans la nature, la reproduction rapide de certaines bactéries : autant d'occasions d'étudier en direct les phénomènes évolutifs.

Cet article est issu du magazine Les Indispensables de Sciences et Avenir n°208 daté janvier/ mars 2022.

Quand un papillon révèle son côté sombre

La phalène du bouleau (Biston betularia) est considérée comme l'exemple emblématique de l'évolution à l'œuvre. Ce petit papillon a d'ordinaire les ailes de couleur claire ornées de taches plus sombres constituant une mosaïque (forme typica). Mais en 1848, une forme entièrement noire de l'insecte a été découverte en Angleterre, près de Manchester, où elle est devenue de plus en plus abondante au fil du temps. On est alors en pleine révolution industrielle, et les usines du nord du pays crachent leurs suies de charbon à flux continu. En 1896, quelques années après la publication par Darwin de ses théories, un naturaliste acquis aux idées évolutionnistes, James William Tutt, avance que les formes sombres - dites carbonaria - sont avantagées car elles passent inaperçues sur les troncs noircis par la pollution… échappant ainsi à la vue des oiseaux prédateurs.

En 1955, le zoologiste britannique Bernard Kettlewell met au point une expérience pour tester cette hypothèse de sélection naturelle. Il procède à des lâchers de phalènes claires et noires, dans une zone polluée et une autre non polluée, avant de les re-capturer et de dénombrer les survivantes. Il apparaît que la forme noire est bien davantage préservée en région polluée, alors qu'elle constitue la cible privilégiée des oiseaux en zone non polluée, où sa couleur sombre tranche sur les troncs clairs. Un exemple d'avantage sélectif parfait pour illustrer la théorie de l'évolution.

Trop parfait… Car l'expérience de Kettlewell soulève des critiques méthodologiques. On lui reproche de nombreux biais, notamment d'avoir utilisé un trop faible effectif d'insectes et de les avoir placés sur les troncs de manière irréaliste (ce ne serait pas le principal refuge naturel de la phalène). Pour de nombreux créationnistes, le petit papillon devient alors le symbole éclatant que la théorie[...]

Lire la suite sur sciencesetavenir.fr

A lire aussi

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles