EN IMAGES - Benicio Del Toro fête ses 54 ans : retour sur sa carrière en 15 anecdotes

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(Photo by Gabe Ginsberg/Getty Images)
(Photo by Gabe Ginsberg/Getty Images)

Il possède l’un des regards les plus captivants du septième art. Monstre de charisme, Benicio Del Toro fait partie de ces comédiens reconnaissable entre mille. Discret sur sa vie privée, l’acteur irradie l’écran depuis plus de trente ans dans des films comme Las Vegas Parano, Snatch, Traffic, 21 Grammes ou encore Sicario. À l’occasion de son 54e anniversaire ce vendredi 19 février, retour sur son image d’éternel célibataire, sa relation complice avec sa fille et ses anecdotes de tournage les plus folles.

Une annonce surprenante

En avril 2011, une attachée de presse de Benicio Del Toro confirme au magazine américain Life & Style que Kimberly Stewart, fille du chanteur Rod Stewart, est enceinte et que la star s’apprête à devenir papa. L’annonce surprend, en grande partie parce que les futurs parents ne sont pas en couple et ont simplement passé une nuit sans lendemain ensemble. "Kimberly est enceinte. Benicio est le père et il la soutient totalement. Bien qu’ils ne soient pas en couple, ils attendent avec impatience l’arrivée du bébé", précise-t-elle.

VIDÉO - Retour sur la carrière de Benicio del Toro

"Une équipe de rêve"

Interrogé par Version Femina en juin 2018, Benicio Del Toro se confie sur sa relation avec sa fille unique Delilah, née le 21 août 2011. "J’essaie d’être un père très attentionné. Avec ma fille, nous formons une équipe de rêve. J’ai toujours été obsédé par mon travail mais depuis que je suis devenu papa, mon enfant est bien évidemment aujourd’hui ma priorité", explique-t-il avec tendresse. Alors en pleine promotion de Sicario : La Guerre des cartels, le comédien déplore avec humour que sa fille ne soit pas encore assez grande pour découvrir ses films : "Il est clair qu’il va lui falloir encore de nombreuses années avant de pouvoir regarder les aventures de Sicario ! C’est d’ailleurs l’un de mes grands regrets, que mon enfant ne puisse jamais voir mes films. C’est vraiment dommage que ma fille ne puisse pas profiter de ma filmographie [rires.]". Il est clair que la carrière de l’acteur oscarisé n’est pas destinée au jeune public, hormis quelques exceptions comme Les Gardiens de la Galaxie et Star Wars : Episode VIII - Les derniers Jedi.

Une vision différente

Benicio Del Toro entretient une image d’éternel célibataire. S’il a vécu des idylles avec Chiara Mastroianni, Valeria Golino, Catherine Keener ou encore Alicia Silverstone, il semble réticent à l’idée de chercher le grand amour. Lors d’une interview accordée au Times en 2010, Benicio Del Toro déclare "ne pas avoir de temps" pour se marier. "Tout le monde dit : 'Pourquoi n’est-il pas marié ?' M*rde ! Pourquoi je devrais me marier ? Juste pour pouvoir divorcer ?", lance-t-il. Il ajoute qu’il ne veut pas voir son appartement, qu’il surnomme sa "cave", "envahi" par une femme ou des enfants. Une philosophie de vie qui change avec la venue au monde de sa fille Delilah un an plus tard. "Je veux faire pour elle ce que mes parents ont fait pour moi. Je ferai tout pour qu’elle ne manque de rien", confie-t-il à Paris Match en 2014.

"Hollywood n’est pas venu me chercher"

Originaire de Porto Rico et fils d’un couple d’avocats, Benicio Del Toro passe son enfance dans la ville de San Juan. Il a neuf ans quand sa mère Fausta meurt d’une hépatite. Sa famille s’installe en Pennsylvanie, aux États-Unis, lorsqu’il a 13 ans. Après s’être inscrit à l’université de San Diego pour des études de commerce, il est formé aux arts dramatiques par l’éminente Stella Adler à Los Angeles et s’inscrit à la Circle in the Square Theatre School de New York. Avant d’être révélé en 1995 par Usual Suspects, l’acteur enchaîne les petits rôles, notamment dans Permis de tuer – de la franchise James Bond – ou The Indian Runner. "J'ai beaucoup travaillé. Hollywood n'est pas venu me chercher. C'est difficile, vous savez, quand votre nom de famille se termine en o. C'est dur pour tout le monde à Hollywood, mais un peu plus dur pour nous. Et aussi, plus dur pour les femmes, plus dur pour les Afro-Américains", explique-t-il à Libération en 2014.

Une demande inacceptable

Lors d’une conversation entre plusieurs acteurs organisée par le Hollywood Reporter, réunissant notamment Michael Caine, Will Smith ou encore Samuel L. Jackson, Benicio Del Toro raconte une anecdote survenue tôt dans sa carrière. Alors qu’il débute dans le métier, le jeune homme se voit conseiller de gommer ses origines portoricaines. "L'une des premières choses qu'ils m'ont dites quand je suis arrivé ici était de changer de nom, révèle-t-il face à ses confrères médusés, avant de poursuivre avec sarcasme. C'est peut-être l'une des plus grosses erreurs que je n’ai jamais faites, vous savez, de ne pas changer de nom."

"Las Vegas Parano a failli ruiner ma carrière"

Dans Las Vegas Parano, adaptation du roman de Hunter S. Thompson, Benicio Del Toro incarne l’excentrique Dr. Gonzo, compagnon de route et de débauche du journaliste Raoul Duke, interprété par Johnny Depp. Dans ce trip hallucinogène réalisé par Terry Gilliam, les performances des deux acteurs sont particulièrement convaincantes, ce qui a d’ailleurs joué des tours au premier.

VIDÉO - Découvrez le portrait de Johnny Depp en une minute :

"Les gens d'Hollywood peuvent être aussi crédules qu'ailleurs, explique-t-il lors d’un entretien accordé au Guardian. Ce n'est pas parce qu'ils sont dans le monde de l'imaginaire qu'ils n'y croient pas. Ce qui s'est passé, c'est qu'après avoir essayé d'obtenir plusieurs jobs, les retours que j'ai eus étaient que les gens ne voulaient pas me voir parce qu’ils se disaient : 'On sait qu'il a un problème avec la boisson, et on sait qu'il a un problème de drogue'. Et la seule raison était qu'ils avaient vu Las Vegas Parano. C'était peut-être un compliment."

(Photo by PATRICK HERTZOG/AFP via Getty Images)
(Photo by PATRICK HERTZOG/AFP via Getty Images)

Une préparation douloureuse

Pour incarner le Docteur Gonzo dans Las Vegas Parano, Benicio Del Toro ne se ménage pas et prend plus de quinze kilos, sans faire appel à un expert pour l’accompagner dans cette démarche. "J'ai pris un poids de fou en huit semaines, confie-t-il à The Guardian. Je n'ai pas eu de coach, je l'ai fait à la macho, stupidement, j'ai pris du poids très vite et il m'a fallu pas mal temps pour le perdre. Donc, pendant ce temps, pendant le tournage, j'avais des réunions et les gens me voyaient et disaient : 'Oh mon Dieu, ce type a perdu les pédales'." Pour rester fidèle aux actes d’Oscar Zeta Acosta, l’avocat dont son personnage est inspiré, le comédien se brûle à la cigarette durant le tournage. La scène en question n’est cependant pas conservée au montage par le réalisateur Terry Gilliam…

(Photo by Neil Munns - PA Images/PA Images via Getty Images)
(Photo by Neil Munns - PA Images/PA Images via Getty Images)

Un comédien dévoué

En 2003, Benicio Del Toro prête ses traits à un meurtrier présumé poursuivi par Tommy Lee Jones dans le thriller Traqué de William Friedkin. Pour les besoins du long-métrage, les deux célébrités suivent un entraînement éprouvant et sont formés par un agent des forces spéciales. Lors de la répétition d’une scène de combat, un accident se produit. "Tommy est tombé sur ma main, raconte le premier, cité par Entertainment Weekly. Et je suis tombé sur Tommy." Benicio Del Toro se brise un os et est mis à l’arrêt pendant sept mois, le temps que son bras puisse guérir. Mais l’acteur ne veut pas laisser tomber le réalisateur de L’Exorciste et continue de tourner malgré la douleur. "Tu dois jouer avec ta blessure du mieux que tu peux", assure-t-il.

(Photo by Kevin Winter/Getty Images)
(Photo by Kevin Winter/Getty Images)

"Le plus beau garçon du monde"

Interrogée par le site SBS en 2013 pour la promotion de son premier film en tant que réalisatrice, Miele, Valeria Golino est déconcentrée par une apparition de Benicio Del Toro à la télévision durant cet entretien. "Il a été mon petit ami pendant quatre ans, donc mon cœur bat la chamade. C’était il y a 20 ans, nous étions des enfants. Je le regarde et je demande ce qu’il s’est passé", déclare-t-elle, surprise par la transformation physique de l’acteur pour les besoins du film Jimmy P. La comédienne ajoute ensuite avec tendresse : "À 22 ans, il était le plus beau garçon du monde. […] C’est une personne formidable ; je l’adore". À leurs débuts, les deux ex jouent ensemble dans Big Top Pee-Wee et The Indian Runner. La star dirige par ailleurs la jeune femme dans un court-métrage intitulé Submission.

(Photo by ANNE-CHRISTINE POUJOULAT/AFP via Getty Images)
(Photo by ANNE-CHRISTINE POUJOULAT/AFP via Getty Images)

L’amour à distance

En avril 2016, le magazine Voici révèle que Benicio Del Toro serait en couple avec Indiana Vianelli, une actrice française alors âgée de 20 ans qui fait ses débuts dans Camping Paradis. Selon l’hebdomadaire, les deux célébrités se côtoient depuis plus d’un an au moment de cette annonce. Et l’amour à distance ne leur fait visiblement pas peur. "Dès qu'il est dispo, elle file le rejoindre à Los Angeles ou ailleurs. Et quand c'est lui qui débarque à Paris, c'est Indiana qu'il retrouve", précise l'hebdomadaire.

Des flatulences pour une scène culte

Dans Usual Suspects, les cinq protagonistes du film sont réunis pour la première fois au cours d’une identification dans un commissariat. Les voyous doivent chacun réciter la phrase : "Donne moi les clés, espèce d’enc*** !" Lorsque vient le tour de Fenster, incarné par Benicio Del Toro, le malfrat et ses partenaires sont pris d’un fou rire. Une scène du long-métrage de Bryan Singer devenue culte, mais qui n’était pas écrite. La légende raconte que si les comédiens n’ont pas réussi à se contenir, c’est parce que le futur interprète de Che Guevara aurait laissé échapper une douzaine de flatulences. Le metteur en scène rappelle ses interprètes à l’ordre mais une fois l’incident passé, il devient impossible pour eux de se reconcentrer. Le passage est finalement gardé au montage et devient l’un des plus célèbres de cette référence du polar.

Un acteur dissipé ?

Interrogé par Télérama en 2013 pour la promotion de Jimmy P. d’Arnaud Desplechin, Benicio Del Toro se confie sur ses "faiblesses" en tant qu’ acteur. "Je me déconcentre facilement, explique-t-il. Parfois je me laisse porter par cette distraction, car elle peut m’emmener vers quelque chose que je n’aurais jamais pensé trouver. […] Mais parfois, la divagation vous conduit au bar, en boîte de nuit, jusqu’à 6h du matin. Voilà une de mes faiblesses." Un aveu qui pourrait signifier un manque de professionnalisme de sa part ? Pas le moins du monde, selon Steven Soderbergh, qui lui a permis de remporter l’Oscar du Meilleur second rôle grâce à Traffic et lui a confié le rôle de Che Guevara pour un biopic en deux parties. En 2009, le cinéaste déclare à son sujet : "La plupart des comédiens préfèrent qu’on leur dise ce qu’il faut faire et ils attendent que je donne des directives. Ce n’est pas du tout le cas de Benicio Del Toro. Ce n’est pas parce que c’est un trou du c*l, ni que c’est un frimeur. C’est parce que c’est un incroyable bosseur".

(Photo by LUCY NICHOLSON/AFP via Getty Images)
(Photo by LUCY NICHOLSON/AFP via Getty Images)

Son point de vue sur un sujet épineux

Au cours de sa carrière, Benicio Del Toro a joué dans plusieurs longs-métrages axés sur les cartels, à commencer par Traffic, pour lequel son interprétation d’un policier lui vaut l’Oscar du Meilleur second rôle. Interrogé lors de la promotion de Sicario, dans lequel il incarne un ancien avocat meurtri et reconverti en tueur en gages, il donne son point de vue sur le sujet. "Ça ne s’est pas amélioré. Mais il y a des évolutions dans la bonne direction. La légalisation de la marijuana dans certains états américains, pour des raisons médicales, en est une. C’est le chemin qu’il faut explorer", affirme-t-il en 2015 auprès de LCI.

Les fonds verts, très peu pour lui

Interrogé par LCI en 2015, Benicio Del Toro est invité à répondre à la question suivante : "Vous rappelez-vous la dernière fois que vous vous êtes senti paumé sur un tournage ?" Il ne manque ni de franchise, ni d’humour dans sa réponse. "À chaque fois mec, assure-t-il en toute sincérité. Je suis paumé à chaque fois. L’important c’est de ne pas le rester très longtemps. [Il réfléchit] Bon, sur Les Gardiens de la galaxie je me rappelle d’une scène où je devais parler à une balle de tennis censée représenter Rocket, le raton laveur. Et là on se dit : ‘Je parle à qui ? À une balle ou un raton laveur ?’ Et franchement c’est un peu perturbant ! [rires]"

Aucun lien

S’ils possèdent le même patronyme, Benicio et Guillermo Del Toro, à qui ont doit Hellboy et Pacific Rim, n’ont aucun lien de parenté. Régulièrement interrogé sur le sujet, voire même confondu avec le cinéaste, la vedette explique avec humour en 2018 à la version italienne de Vanity Fair : "Beaucoup le pensent, mais nous ne sommes que des amis. De temps en temps, quelqu’un me prend pour lui et me demande si je suis le réalisateur de La Forme de l’eau, je mens et j’en prends tout le mérite".