"On a besoin d'une mobilisation de l'État": Sandrine Rousseau réagit aux menaces reçues par les élus

"On a besoin d'une mobilisation de l'État": Sandrine Rousseau réagit aux menaces reçues par les élus

"Je propose qu'on fasse un numéro vert pour les élues aussi, c'est ridicule!" Invitée de BFM Politique ce dimanche, la députée Nupes et EELV Sandrine Rousseau s'est montrée sceptique face à l'initiative du gouvernement de créer un centre d'analyse et de lutte contre les violences faites aux élus.

"On les connaît les menaces, on n'a pas besoin d'avoir un centre d'étude ou de lutte. On a besoin d'avoir une mobilisation de l'État qui protège les élus", a-t-elle affirmé.

Il y a quelques jours, Yannick Morez, le maire de Saint-Brevin-les-Pins, a annoncé sa démission en raison de l'incendie de son domicile. Depuis plusieurs mois, l'élu faisait face à des menaces à cause de son soutien à un projet de centre d'accueil pour migrants dans la commune.

Selon l'élue écologiste, Yannick Morez s'est retrouvé "seul" face aux menaces, estimant qu'Elisabeth Borne "a tardé à réagir" et "n'a pas réagi". "Ce maire faisait œuvre d'utilité publique, c'était un projet d'accueil de personnes très vulnérables. Est-ce qu'un ministre l'a soutenu? Est-ce qu'il y a un ministre qui s'est déplacé sur place? Y'a-t-il eu un signe politique d'un soutien de l'État à la démarche qu'il avait?", s'est-elle interrogée sur notre plateau.

Trois condamnations "pour des menaces de mort ou de viol"

Face aux menaces qu'elle dit recevoir quotidiennement, Sandrine Rousseau assure n'avoir jamais bénéficié de protection, malgré un dossier envoyé au cabinet de Gérald Darmanin. Elle affirme avoir obtenu "trois condamnations de personnes pour des menaces de mort ou de viol". "On m'a répondu par une lettre liminaire qui disait: "Circulez, y'a rien à voir!" Je n'ai même pas eu un entretien avec une personne des services de renseignements me disant quelle était la nature de la menace ou pas", a-t-elle poursuivi.

Pourtant, la députée EELV du 9e arrondissement de Paris indique faire face à du cyberharcèlement au moindre tweet, et recevoir des menaces sous la forme "de lettres à l'Assemblée, de mails, de messages dans les messageries des réseaux sociaux".

Avant d'ajouter: "Tous les moyens sont utilisés. Je ne porte pas plainte systématiquement faute de quoi je passerais ma vie au commissariat. Mais je vais déposer plainte dans moments plus tendus que d'autres."

"Ce dont je m'étonne c'est que je fais des personnes menacées. Pourquoi est-ce que je n'ai pas de rendez-vous avec une personne ne charge des questions de menaces? Pour m'expliquer la nature des menaces qui me concernent, où je dois faire attention, comment je dois me comporter dans l'espace public", a-t-elle conclu.

Article original publié sur BFMTV.com