Le bisphénol B, aussi perturbateur endocrinien

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Après évaluation de la littérature scientifique, l’Anses estime que le bisphénol B est bien un perturbateur endocrinien. Dans le détail, « cette substance remplit tous les critères de danger pour être définie en tant que tel selon la définition de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et les recommandations de 2013 de la Commission européenne ». Le bisphénol B présente ainsi :

– « une action œstrogénique en augmentant la production d’œstrogènes – hormones femelles – et en activant les récepteurs aux œstrogènes ;

– des effets néfastes en altérant le système reproducteur mâle : réduction de la production quotidienne de spermatozoïdes, diminution du poids relatif des organes reproducteurs mâles;

– Un lien biologiquement plausible entre l’activité endocrinienne et les effets néfastes précités. »

Ces caractéristiques s’avèrent d’ailleurs « similaires voire légèrement plus prononcés à dose équivalente, à ceux du bisphénol A », précise l’Anses.
Double effet

L’Anses propose donc de l’identifier en tant que substance extrêmement préoccupante (SVHC). Son dossier est actuellement en consultation publique sur le site de l’ECHA, Agence européenne des produits chimiques, jusqu’au 23 avril.

Une reconnaissance d’autant plus nécessaire, selon l’agence française, que les fabricants risquent d’utiliser le bisphénol B pour remplacer les bisphénols déjà interdits. Une réalité déjà dans de nombreux pays comme les Etats-Unis où « le bisphénol B est aujourd’hui utilisé comme alternative à certains usages du bisphénol A et du bisphénol S ». Outre-Atlantique, cette substance « est enregistrée en tant qu’additif indirect pour certains revêtements et polymères en contact avec les aliments ». Sans compter qu’« on le retrouve dans des échantillons biologiques de populations européennes ainsi que dans des milieux environnementaux en Chine ».