Tendance famille 2015 : Bye bye, le parent hélicoptère

Ce billet fait partie d’une série sur les tendances famille pour l’année 2015.


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Connaissez-vous le parent hélicoptère ? Vous en êtes peut-être un. Ou vous en croisez un soir et matin, à la garderie ou à l’école. C’est ce parent qui plane au-dessus de son enfant, prêt à voler à son secours, à tout moment. C’est celui qui conteste une consigne de l’école, une note de l’enseignant, le témoignage du petit voisin, alouette. Le parent hélicoptère, un brin angoissé, un brin contrôlant, ne laisse pas son enfant seul. Il organise tout – et l’organise aussi, du coup.

Eh bien l’ère du parent hélicoptère semble sur le point de s’achever (alléluia !). La tendance, née dans les années qui ont suivi les attentats terroristes de 2001 aux États-Unis, semblerait s’essouffler au détriment d’un autre mouvement : celui du parent qui « laisse aller », qui pense un peu plus à lui, qui se replace, lui et son couple, au centre de la famille.

L’une des premières à s’être interrogée sur le rôle de « mère hélicoptère toujours prête à tout » est la journaliste et chroniqueuse Heather Havrilesky. Dans un texte d’opinion de novembre 2014 intitulé Our Mommy Problem, la mère de famille s’interroge : « Somehow, as we’ve learned to treat children as people with desires and rights of their own, we’ve stopped treating ourselves and one another as such » (traduction libre : « D’une certaine façon, alors que nous apprenons à traiter nos enfants comme des personnes à parts entières, avec leurs propres désirs et droits, nous avons arrêté de le faire envers nous-mêmes et envers nos proches »). Autrement dit, à force de faire passer les besoins et les volontés des enfants avant les nôtres, on s’est oublié… et ça commence à faire pas mal de gâchis.

Une seconde voix s’est ajoutée, celle de Daisy Waugh, journaliste, auteure, animatrice et féministe. En 2013, son livre I don’t know why she bothers (traduction libre : Je ne sais pas pourquoi elles s’en font) était en quelque sorte une réponse cinglante au fameux livre I don’t know how she does it (ou Je ne sais pas comment elle fait) d’Alison Pearson sorti en 2002. Ce dernier dépeignait la vie infernale d’une femme ambitieuse qui tentait de concilier travail, famille… et la perception des gens autour. Le livre a connu un immense succès. Il a même fait l’objet d’une adaptation cinématographique en 2011.


À une époque pas si lointaine, les mères indignes avaient la cote. Il était bon de faire rire les copines en avouant qu’on laissait son tout-petit mâchouiller le jouet de dentition de Fido… Bon, je vous entends : ce n’est pas si grave, voire bon pour le système immunitaire. Mais ce n’est pas drôle non plus. Et j’ajouterais : est-ce bien nécessaire de s’en gargariser ?

Pendant les Fêtes, j’ai lu quelque part la citation de Rosemary Milliman, directrice de la Trinity School de New York, reconnue comme l’une des meilleures écoles primaires et secondaires des États-Unis. La dame rappelait à quel point il est bon, pour les enfants, de s’ennuyer. De tourner en rond. « La maison devrait être l’endroit pour l’ordinaire et l’école ou la garderie pour l’extraordinaire », a-t-elle déclaré. Cela rejoint les conclusions d’une étude récente de l’Université du Colorado. On y apprenait que les enfants qui disposent de temps libres, pendant lesquels rien n’est planifié, ont plus de chances d’atteindre les buts qu’ils se sont eux-mêmes fixés sans recevoir l’aide d’un adulte. Les chercheurs ont nommé cette attitude la « capacité exécutive », une sorte de leadership que l’enfant exerce sur lui-même.

Quand on pense aux parents hélicoptères, qui vont jusqu’à accompagner leur rejeton en entrevue d’embauche (seigneur !), on se dit qu’il est plus que temps que cette période prenne fin… et me donne (presque) envie de scander : « Parents ! Libérez-vous ! »

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Let me explain this thing called summer
Let’s end helicopter parenting right now
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