Un gouvernement qui largue ses enfants

Que se passe-t-il ? Est-ce un complot ? Les coupures du gouvernement libéral visent plus souvent qu’autrement les enfants. Pourquoi ?

D’abord, les bibliothèques des écoles. C’était en août 2014. Le ministre de l’Éducation Yves Bolduc déclarait qu’il préférait que les commissions scolaires n’achètent pas de nouveaux livres, que cela n’était pas une priorité.

Puis, il y a eu vent de coupures dans la politique familiale. Et récemment, ce fut au tour des tarifs en garderie de passer dans le tordeur de l’austérité.

Il y a deux semaines, le ministre de la Santé Gaétan Barrette a évoqué la réduction de la couverture du programme de procréation assistée. Des parents (et de futurs parents) se sont insurgés sur plusieurs tribunes. La marche de l’Espoir a réuni plusieurs centaines d’entre eux au centre-ville de Montréal samedi dernier.

La semaine passée, une autre bombe : l’État a annoncé la fin des subventions à des organismes chargés de vulgarisation scientifique auprès des jeunes, dont le populaire magazine Les Débrouillards. La réaction du public, notamment sur les réseaux sociaux, a fait changer d’idée M. Couillard et sa troupe.

Et ce matin, clac ! Encore une gifle pour l’enfance au Québec. Le gouvernement provincial veut bousculer le monde enseignant. Plus d’élèves par classe. Plus d’heures de travail pour les profs sans extra salarial. Des élèves en troubles d’apprentissages intégrés dans les classes régulières sans plus de support. Bref, on ajoute du poids sur les épaules du personnel des écoles, déjà à bout. On devrait alléger leur tâche; on l’augmente.

Les motivations du gouvernement de Philippe Couillard sont claires. Diminuer la dette, le déficit, alléger le fardeau pour les générations à venir. C’est noble. Peut-être même légitime. Mais la manière dont on s’y prend est discutable. Voire préoccupante.

S’attaquer aux politiques familiales, à la petite enfance, à l’école n’est pas la voie à privilégier pour l’avenir du Québec. Quel message envoie-t-on aux familles ? Aux jeunes couples ? Qu’est-ce que cela dit sur l’importance accordée aux enfants dans notre société ?

Selon le bilan de l’année médiatique d’Influence Communication, l’enfance est très peu représentée dans l’actualité (avec un taux de 0,14% des manchettes en 2014 comparativement à 0,18% en 2013… et comparativement à 15,57% pour les sports, grands champions de la représentation dans les médias). Avec le tissu social, la pauvreté, les aînés, l’éducation et les autochtones, l’enfance est au bas de l’échelle.

Ceci explique-t-il cela ?Notre société aime-t-elle ses enfants ? J’ai déjà écrit à ce sujet... Je continue à me poser sérieusement la question.

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