Blue Origin de Jeff Bezos accusée de culture "toxique" et "sexiste" par des employés

  • Oops !
    Une erreur est survenue.
    Veuillez réessayer plus tard.
·4 min de lecture
Dans cet article:
  • Oops !
    Une erreur est survenue.
    Veuillez réessayer plus tard.
Le fondateur de Blue Origin, Jeff Bezos, prend la parole après avoir reçu le prix d'excellence 2019 de la Fédération internationale d'astronautique (IAF) dans l'industrie lors du 70e Congrès international d'astronautique le 22 octobre 2019.  (Photo: MANDEL NGAN via Getty Images)
Le fondateur de Blue Origin, Jeff Bezos, prend la parole après avoir reçu le prix d'excellence 2019 de la Fédération internationale d'astronautique (IAF) dans l'industrie lors du 70e Congrès international d'astronautique le 22 octobre 2019. (Photo: MANDEL NGAN via Getty Images)

ESPACE - Dans une lettre ouverte publiée le 30 septembre, Une vingtaine d’employés et ex-employés accusent l’entreprise spatiale Blue Origin de Jeff Bezos de laisser régner un environnement de travail “toxique” dans lequel sexisme et pratiques dangereuses pour la sécurité des vols ont cours. Un appel à davantage de contrôles de la part d’une autorité tierce a aussi été lancé.

Si la plupart des signataires ont souhaité rester anonymes, le magazine Fortune a pu consulter la tribune avant sa publication et discuter avec cinq de ses signataires relayant des craintes de représailles.

La culture de Blue Origin, qui compte près de 3600 employés, “ignore l’état de notre planète, détourne le regard face au sexisme, n’est pas suffisamment à l’écoute des défis de sécurité, et réduit au silence ceux qui cherchent à corriger ces problèmes”, tonnent-ils en préambule.

Blue Origin “ferme les yeux sur le sexisme”

Les signataires listent ainsi de nombreux comportements déplacés à l’égard des femmes. Un cadre supérieur a par exemple été signalé à plusieurs reprises aux ressources humaines pour harcèlement sexuel. Signalements qui ne l’ont pas empêché d’être promu au sein de l’équipe de recrutement.

La lettre dénonce également une majorité “blanche” et “masculine” et avance par ailleurs que “cent pour cent des responsables techniques et de programmes supérieurs sont des hommes”.

Si les signataires affirment que Blue Origin “ferme les yeux sur le sexisme”, l’entreprise a réagi de son côté aux accusations, assurant n’avoir “aucune tolérance pour la discrimination ou le harcèlement”, et s’engageant à “enquêter rapidement sur toute nouvelle allégation de mauvaise conduite”.

Blue Origin a aussi ajouté offrir de nombreuses possibilités aux employés, y compris une hotline anonyme 24h/24 et 7j/7″. Mais les accusations portées par la tribune ne se limitent pas au harcèlement et au sexisme.

Insécurité des vols

De nombreux employés signataires ne “monteraient pas à bord d’un vaisseau de Blue Origin”, affirme cette tribune, dénonçant un manque de personnel, de ressources, et une pression extrême pour réduire les coûts et les délais.

“La compétition avec d’autres milliardaires (...) a pris le dessus sur les préoccupations liées à la sécurité qui auraient ralenti le calendrier”, ont écrit les anciens employés, citant notamment le Britannique Richard Branson, fondateur de la société concurrente Virgin Galactic.

Les responsables de Blue Origin sont encouragés à “pousser les employés dans leurs retranchements”, raison pour laquelle certains d’entre eux ont eu “des pensées suicidaires”, soutient le texte. En 2019, le personnel a dû signer des contrats les engageant à ne pas dénigrer publiquement l’entreprise, rappelle la lettre ouverte.

“Nous ne devrions pas attendre la perte de vies humaines pour nous pencher sur ce qu’il se passe derrière les portes des entreprises spatiales privées”, ajoutent-ils. “Le temps est venu - maintenant que le public monte à bord - de permettre une surveillance indépendante.”

L’agence américaine de l’aviation (FAA) a déclaré jeudi “prendre toutes les allégations sur la sécurité au sérieux” et être en train “d’analyser les informations”. Mais l’agence se limite, pour les vols spatiaux privés, à s’assurer qu’une collision ne survienne pas avec un avion de ligne, ou que des débris ne tombent pas à terre, rappelle le texte.

VAN HORN, TEXAS - JULY 20: Blue Origin’s New Shepard crew (L-R) Jeff Bezos, Wally Funk, Oliver Daemen, and Mark Bezos walk near the booster to pose for a picture after flying into space in the Blue Origin New Shepard rocket on July 20, 2021 in Van Horn, Texas. Mr. Bezos and the crew were the first human spaceflight for the company. (Photo by Joe Raedle/Getty Images) (Photo: Joe Raedle via Getty Images)
VAN HORN, TEXAS - JULY 20: Blue Origin’s New Shepard crew (L-R) Jeff Bezos, Wally Funk, Oliver Daemen, and Mark Bezos walk near the booster to pose for a picture after flying into space in the Blue Origin New Shepard rocket on July 20, 2021 in Van Horn, Texas. Mr. Bezos and the crew were the first human spaceflight for the company. (Photo by Joe Raedle/Getty Images) (Photo: Joe Raedle via Getty Images)

Mépris des questions environnementales

L’avènement du tourisme spatial et son impact sur la crise climatique interrogent aussi les signataires. Alors que le fondateur d’Amazon tente de faire bonne figure, comment en 2020, en lançant un fonds de 10 milliards de dollars pour lutter contre le réchauffement climatique, la réalité est toute autre selon la tribune.

Ainsi, les préoccupations environnementales n’auraient “jamais été une priorité chez Blue Origin”, dénonce le texte. Le nouveau siège social de l’entreprise, bâtit en 2020, “n’est pas un bâtiment certifié LEED et a été construit sur des zones humides qui ont été drainées pour la construction”.

L’entreprise proclame “qu’elle construira un monde meilleur parce que nous sommes sur la bonne voie pour ruiner celui-ci”. Mais les signataires de la tribune déplorent qu’aucun d’entre eux n’ait “vu Blue Origin établir des plans concrets pour devenir neutre en carbone ou réduire considérablement son importante empreinte environnementale”.

Après avoir transporté en juillet jusqu’à l’espace ses quatre premiers passagers, dont Jeff Bezos, un deuxième vol habité est prévu par Blue Origin le 12 octobre.

À voir également sur Le HuffPost: Les images du décollage de la fusée SpaceX avec quatre touristes spatiaux

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

A LIRE

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles