"Langage corporel" : comment le Covid a changé notre façon de bouger

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Le Covid et les gestes-barrière ont bouleversé nos habitudes.

C’est devenu un nouveau code de politesse. Un marqueur d’intimité. Lors de nos chères rencontres en « présentiel» (ce mot! toute la balourdise bureaucratique...), le protocole se met en place: tantôt hésitant, tantôt réactif. Jusqu’où m’approcher? Si j’avance trop, l’autre pique un sprint arrière et j’ai l’air de quémander une chaleur humaine qu’on me refuse horrifié; comme si j’avais eu un geste obscène. Si je garde la distance, que je m’oblige à rester au loin, je fais bêcheuse, « pas concernée ». Cause toujours. Demande- moi si j’ai bien commencé l’année, je t’entends à peine. Postée à 1 mètre, je montre ma peur du virus aussi, ça fait petit bras, non?

Quant aux questions pratiques : allez négocier une augmentation ou un bureau plus grand, à 1 ou 2 mètres de distance! On perd en émotion ce qu’on doit rendre intelligible et urgent. Froideur plate, descriptive. Il faut « por- ter la voix», comme au théâtre. Nous voilà à la cour d’Angleterre – dans « The Crown », c’est pareil –, le loin- tain tête-à-tête hebdomadaire du Premier ministre avec la Reine. A chercher les termes les plus expressifs pour plai- der sa cause. Parlons des rencontres perso, amicales, elles deviennent un test subliminal. Il s’agit de déceler dans le « body language » le désir de s’étreindre... ou la répulsion. On est contents de se voir mais ça n’est plus comme avant.

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Maintenant on a envie de se sauter dans les bras mais on se retient

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Avant : ces embrassades surjouées qui célébraient la bonne surprise, le plaisir de se retrouver. Non, maintenant on a envie de se sauter dans les bras mais on se retient. Précaution pas du tout oratoire: «Tu l’as eu?» Ah, le soulagement entre deux contaminés ! « Alors on(...)


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