La crise sanitaire va-t-elle avoir un impact sur les bonnes résolutions pour 2021 ?

Laetitia Reboulleau
·6 min de lecture
Happy New Year 2021. Woman's hand writing 2020 Goals in notebook decorated with Christmas decorations on the tricolor background. Top view, flat lay
© Getty Images

Qui dit nouvelle année qui commence dit généralement bonnes résolutions à prendre. Des habitudes parfois durent à tenir et qui sont généralement oubliées dès le mois de février, mais qui prennent un goût un peu particulier en cette période de crise sanitaire. Cette année, c'est la Covid-19 qui a inspiré bien des particuliers à vouloir changer de vie, après avoir été confrontés à la maladie.

En 2019, selon une étude Qapa, 91% des Français ont pris des bonnes résolutions... Et 85% ne les ont pas tenues. Perdre du poids, arrêter de fumer, se remettre au sport : chaque année, c'est la même rengaine. On se promet d'être différent pour les 365 prochains jours, de devenir une meilleure version de soi-même. Mais prendre une bonne résolution, si la motivation n'est pas au rendez-vous, cela ne sert pas à grand-chose. Toutefois, l'année 2020 a eu le mérite de mettre un coup de pied dans la fourmilière et de permettre à certaines personnes de réaliser qu'il fallait changer leur quotidien.

VIDÉO - Hannah a eu un déclic, celui d’arrêter les hommes, voici son témoignage :

"En 2021, je quitte mon job !"

Le premier confinement a déjà eu un impact sur de nombreuses personnes, qui ont réalisé qu'elles ne voulaient plus prendre le risque d'être confinées dans un petit appartement, sans espace extérieur. Le résultat : une explosion des demandes de maisons avec jardin, mais aussi de nombreux déménagements loin des grandes villes. Le second confinement, puis le couvre-feu, ont eu raison des derniers doutes de Sonia, qui a pris une grande décision : "En 2021, je quitte mon job, et je quitte Paris."

VIDÉO - Chloé a décidé de quitter son job pour devenir prof, elle nous raconte :

Développeuse web, elle ne supporte plus de bosser pour une entreprise qui lui demande de cumuler les heures sup, et qui lui a interdit le télétravail alors que la majeure partie de ses journées se fait derrière son ordinateur. "En rigolant, je disais toujours à mes potes que je rêvais d'aller élever des chèvres dans le Larzac. Là, j'ai suffisamment d'argent de côté pour m'offrir une vie très confortable à la campagne, alors je me casse." Son projet ? "Une petite maison dans le Jura, près de chez ma sœur, qui possède des vignes. Je vais prendre des poules, et elle va m'initier à son job, pour qu'on puisse un jour s'associer."

J'ai envie de retrouver du temps pour moi, de ralentir, de pouvoir profiter plus des autres, de la nature, des arts...

Eric a lui aussi pris conscience que son travail commençait à avoir un sérieux impact sur sa santé comme sur son lien avec ses proches. "Chef de rayon dans une enseigne de grande distribution, je travaille entre 55 et 62h par semaine, 6 jours sur 7, régulièrement le dimanche, la nuit ou les jours fériés", raconte-t-il avec lassitude. "Avec la réduction des effectifs, cela fait deux ou trois ans que j'ai l'impression d'être devenu une bête de somme, et avec la Covid, il y a encore plus de stress, les équipes sont plus fatiguées... C'est épuisant." Le décès de son papa il y a deux ans, associé à la situation actuelle, ont été les éléments déclencheurs de son envie de tout quitter : "J'ai envie de retrouver du temps pour moi, de ralentir, de pouvoir profiter plus des autres, de la nature, des arts..." Un projet impossible s'il reste à son poste actuel.

"En 2021, je fais le grand saut"

Pas facile de se marier en 2020. De nombreuses personnes ont vu leur cérémonie tomber à l'eau, ou se dérouler sans leurs proches pour respecter les consignes gouvernementales. Et pourtant, les demandes en mariage ou en PACS ont encore une fois été nombreuses. Pourtant, quand il parle de faire le grand saut, Tom a une idée un peu différente en tête, nettement moins figurée. Son projet pour les douze mois à venir ? Passer sa licence de parachute ! "En 2017, j’avais déjà sauté pour les trente ans d’un ami. Depuis ce jour, l’idée de sauter à nouveau et de – pourquoi pas – passer ma licence était resté dans un coin de ma tête, mais la peur de sauter seul, c’est-à-dire sans personne derrière toi, m’avait bloqué", confie-t-il, rêveur.

Et puis, 2020 est passée par là. "Bloqué par les confinements, et tournant en rond comme un rat chez moi, j’ai rencontré un ami d’ami via un jeu vidéo en ligne. On a commencé à bien déc*nner ensemble et discuter. Au fil des semaines et de nos discussions, j’ai découvert que c’est un grand fan de saut et qu’il cherchait quelqu’un pour le faire avec lui. Je me suis dit que c’était l’occasion ! Du coup, on va s’inscrire pour une semaine de saut en avril ou mai, si la situation sanitaire le permet, pour passer le brevet A. Ça sera l’occasion de faire quelque chose d’étonnant en 2021 et surtout de repousser mes peurs et mes limites." Le jeune homme en a conscience : "Le confinement fut un moment pour se poser et réfléchir sur les motivations sur les années futures. Et ce moment d'intense liberté que fut le saut, j'ai envie de le retrouver."

"En 2021, je prends soin de ma santé mentale"

La question de la charge mentale s'est également posée durant ces deux confinements, et durant le couvre-feu. Aujourd'hui, le sujet de la santé mentale est moins tabou : une bonne chose pour celles et ceux qui ont du mal à garder la tête hors de l'eau. C'est notamment le cas d'Auréline, dont la résolution est claire : "Je veux vivre. C'est bête, mais étant dépressive depuis des années, j'en ai assez de toujours replonger. J'ai passé le mois de janvier en HP [Hôpital Psychiatrique, ndlr.]. Cette année, je veux prendre soin de moi, de ma santé mentale, ne pas retomber en dépression. J'ai tenu 2020 sans retomber complètement, c'était rude mais c'est passé. Là, j'ai envie que ça soit plus que ‘ça passe’, et vivre ma meilleure année depuis la dépression."

Cette année, je veux prendre soin de moi, de ma santé mentale et ne pas retomber en dépression.

La courageuse jeune femme a conscience que la situation sanitaire a eu un véritable impact sur elle : "Ça m'a forcée à prendre le temps des choses. Surtout le premier confinement, qui était strict. C'est un moment où il faut gérer l'ennui, l'isolement forcé, le travail à distance." Et pour cela, la proximité de ses camarades de classe a été essentielle : "En gros, je suis suicidaire. Et sentir que ma présence avait du sens me ‘force’ à rester et à prendre soin de moi. Parce que ça impacte le groupe. Et qu'on a de belles choses à vivre et à créer ensemble." En 2021, Auréline va soigner sa santé mentale pour aller de l'avant. Un combat des plus inspirants.

Ce contenu peut aussi vous intéresser :

A LIRE AUSSI

> Nouvel An : grâce au couvre-feu, ces personnes sont ravies de passer la soirée en solo

> Je n'aime pas Noël : "La société nous impose d'être heureux, entourés et enjoués à des dates précises"

> Je n'aime pas Noël : à cause de la Covid-19, ils passeront les fêtes en solo