Le bouleversant témoignage de l'actrice Judith Chemla, victime de violences conjugales

La comédienne, victime de violences conjugales, a détaillé ce mercredi au micro de France Inter ses accusations à l'encontre de son ex-compagnon.

"Il a fallu montrer les blessures pour que les gens prennent conscience." Judith Chemla, qui a dénoncé les violences conjugales de son ancien compagnon l'acteur et réalisateur Yohan Manca, a détaillé ce mercredi au micro de France Inter ses accusations.

"Je n'ai pas du tout prémédité cette prise de parole. Je n'ai jamais imaginé montrer ces photos", commence par dire l'actrice, qui a publié sur son compte Instagram plusieurs clichés de son visage tuméfié. Elle dénonce au micro de Léa Salamé les "pressions" du père de sa fille, qui cherche à se faire passer pour "une victime", dénonce la comédienne vue notamment dans Le Sens de la fête.

"Je suis pourtant sidérée que jamais lui soit venu à l'esprit que c'était une chose possible, qu'il devrait avoir honte de ce qui s'était passé et se tenir tranquille", martèle-t-elle.

"Je suis culpabilisée toute la nuit"

Le 3 juillet 2021, dans une rue située non loin du théâtre du Rond-Point à Paris, Yohan Mancan acteur vu notamment dans La Vérité Si Je Mens - Les Débuts, a agressé Judith Chemla en lui jetant un portable au visage.

Dans un premier temps "sidérée", l'actrice refuse de porter plainte contre l'homme avec lequel elle a vécu pendant cinq ans. "Les policiers me disent 'il faut porter plainte, parce qu'après c'est le féminicide'. Je ne dis rien. Je ne me vois pas porter plainte contre le père de ma fille", avoue-t-elle encore sous le choc. "Je n'ai pas le déclic intérieur." Elle l'aura le lendemain:

"Je suis culpabilisée toute la nuit. On me dit 'Jamais je n'aurais dû faire un enfant avec toi, pendant cinq ans, je n'ai pas bougé d'une oreille.' Parce que je suis tombée amoureuse de quelqu'un d'autre. Il ne s'est rien passé physiquement, mais les sentiments ne sont pas condamnables! Ils arrivent. Le cœur s'ouvre à un moment. Il me dit, 'tu es comme toutes ces actrices, tu es volage, qu'est-ce que tu vas faire? tu as deux enfants de deux pères différents.' Immonde. Toute la nuit."

Yohan Manca lui demande de ne pas porter plainte: "Avec cet acte irréparable que j'ai commis, tu retournes la situation alors que c'est toi qui brises notre famille", lui lance-t-il. L'actrice décide de le protéger en n'ébruitant rien sur les réseaux sociaux et dans les médias, mais décide néanmoins de porter plainte. "J'ai vu qu'il était en état de nuire - et même à d'autres femmes. C'est pour ça que j'ai porté plainte."

"Ne retirez jamais une plainte que vous déposez"

Le 6 juillet, Yohan Manca sort de sa garde à vue. Le même jour, Judith Chemla "avorte d'un enfant". "J'étais enceinte d'un mois", ajoute-t-elle. Quatre mois plus tard, elle porte une nouvelle fois plainte. Le 12 mai dernier, Yohan Manca est condamné à huit mois de prison avec sursis. "Malgré cette peine, il continue à penser que c'est une victime", s'indigne Judith Chemla:

"La prise de conscience doit être immédiate: je lui demande de comprendre que je lui ai donné beaucoup de chances. Je n'ai pas témoigné avant. J'ai des enregistrements édifiants de violences conjugales. Jamais je n'ai voulu lui nuire, je n'ai jamais parlé, je voulais que le père de ma fille ait du succès. Il a bousillé toutes ses chances les unes après les autres parce qu'il se sent au-dessus des lois".

La comédienne termine son intervention avec un message pour les autres femmes victimes de violences conjugales: "Ne retirez jamais, jamais, jamais une plainte que vous déposez. On vous intimidera. Je vois beaucoup de messages de soutien et de remerciement, parce que certaines femmes n'ont plus le courage de se battre. Le combat, c'est porter plainte, se battre pour ses enfants, que les enfants soient protégés."

Et de conclure: "Ma fille revient en me demandant 'pourquoi tu as demandé à la justice? Pourquoi tu décides de la vie de Papa?' Je parle aujourd'hui parce que ces mots de ma fille, je vais me battre contre ça: 'Moi un jour, si quelqu'un me fait du mal, je ne demanderai pas à la justice de me protéger'. Elle a cinq ans, et ça, je me battrai pour qu'elle sache qu'elle doit se protéger. Et lui, qu'il comprenne que s'il ne change pas, sa fille sera une femme battue consentante".

Article original publié sur BFMTV.com

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