Budget 2024 : Bruno Le Maire présente le projet du gouvernement après le Conseil des ministres

POLITIQUE - C’était une première étape avant de mener le combat de la persuasion au Parlement. Ce mercredi 27 septembre, le ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire a présenté, d’abord en Conseil des ministres puis face aux journalistes au cours du traditionnel point presse, le budget 2024 que le gouvernement compte faire adopter.

Une série d’investissements et de recettes prévues qui veulent répondre à plusieurs impératifs : verdir l’économie, protéger les Français contre l’inflation, mais tenter aussi d’améliorer un peu des finances publiques détériorées. Le HuffPost vous résume les principaux enseignements de cette première présentation, qui doit encore franchir l’étape de l’adoption au Parlement, peut-être via un recours au 49.3

  • Faire face à l’inflation

Selon les prévisions du gouvernement, l’inflation devrait passer de 4,8 % cette année en moyenne (hors tabac) à 2,5 % en 2024. Le barème de l’impôt sur le revenu sera aligné sur l’inflation, de même, dans le budget de la Sécurité sociale (PLFSS), que les retraites et les prestations sociales. Soit un coût total 25 milliards d’euros.

Autre mesure visant à aider les ménages modestes devant utiliser leur voiture pour aller travailler : ils recevront, comme l’avait annoncé dès dimanche Emmanuel Macron au cours de son interview sur France 2 et TF1, une indemnité de 100 euros pour compenser la hausse du prix du carburant, avec un coûte pour l’État de 430 millions d’euros.

Ceci s’ajoute à l’obligation pour industriels et distributeurs de terminer leurs négociations annuelles au 15 janvier au lieu du 1er mars, répercutant plus vite le ralentissement de l’inflation dans les prix en magasins. La filière carburant s’est aussi engagée à multiplier les opérations « prix coûtant » cette fin d’année.

  • Répondre au défi de la transition écologique

Axe majeur de la communication de l’exécutif, la transition écologique devient une « priorité absolue » dans le budget pour 2024, avec 40 milliards d’euros de crédits (soit une hausse de sept milliards).

Parmi les mesures concernées ici, Bruno Le Maire a expliqué que le budget de « Ma prime Rénov’ » augmenterait de 1,6 milliard d’euros, à 5 milliards, qu’un crédit d’impôt viendrait soutenir les entreprises fabriquant batteries, ou pompes à chaleur, que le bonus automobile augmenterait pour les moins fortunés, mais serait adapté à « l’empreinte écologique » des voitures électriques, ce qui pourrait pénaliser les véhicules chinois.

Enfin, autre mesure déjà évoquée par le chef de l’État dimanche, les préréservations pour un leasing à 100 euros par mois pour une voiture électrique destiné aux ménages modestes commenceront en novembre avec un premier loyer pris en charge par l’État.

  • Chasser les niches brunes et les fraudeurs

Toujours dans le cadre de ce « verdissement » du budget, le gouvernement s’attaque parallèlement à l’énergie fossile. L’avantage fiscal sur le Gazole non routier (GNR) utilisé par les agriculteurs et le bâtiment commencera à diminuer, et les recettes ainsi dégagées iront à l’accompagnement vert des petites entreprises du secteur. En outre, le malus sur les véhicules polluants augmentera.

Comme Le HuffPost vous le détaille par ici, une taxe sur les autoroutes et aéroports, destinée au ferroviaire, rapportera 600 millions d’euros. Celle sur les bénéfices des raffineurs est maintenue, pour 200 millions d’euros

Le gouvernement enfin renforce par ailleurs la chasse à la fraude avec toute une série de mesures : déréférencement sur internet de commerçants fraudeurs, ou suppression de crédit d’impôt pour les condamnés pour fraude fiscale. L’incitation à la fraude, fiscale ou sociale, sera réprimée. Finalement, le PLFSS prévoira un meilleur contrôle des arrêts-maladie.

  • Maîtrise de la dépense

L’autre grand enjeu pour le gouvernement, c’est de mieux dépenser les dépenses. Pour commencer à ramener le déficit public dans les clous de Bruxelles, l’État fera 16 milliards d’euros d’économies l’an prochain, surtout grâce à la fin du bouclier tarifaire mis en place face à l’envolée des prix de l’énergie.

Il dépensera au total 491 milliards, soit cinq de moins que cette année, un « effort notable dans une période inflationniste », a salué Bruno Le Maire.

Bercy mise sur 1,4 % de croissance du produit intérieur brut (PIB) l’an prochain, tirée si possible par le retour de la consommation des ménages.

Par ailleurs, le PLFSS prévoit 3,5 milliards d’euros d’économies. Parmi celles-ci le gouvernement envisage le doublement de la franchise sur les médicaments, à un euro.

Par ailleurs, toujours dans cette volonté de faire des économies, Bruno Le Maire a annoncé une suspension de plusieurs baisses d’impôts. Les entreprises auront droit à un milliard d’euros de baisse de la CVAE, un quart seulement de la suppression totale qu’on leur avait promise l’an dernier. Les ménages, quant à eux, attendront 2025 pour une baisse d’impôt de 2 milliards.

  • Réarmer les services publics

Au cours de la présentation de ce mercredi, Bruno Le Maire a détaillé plusieurs évolutions concernant la fonction publique. Le nombre de fonctionnaires augmentera de 8 273, dont 2 681 pour l’Intérieur, et 1 961 pour la Justice. Le ministère de la Transition écologique aura 732 agents supplémentaires.

Dans ce budget de « réarmement des services publics », les crédits de l’armée, de la police et de la justice sont en hausse globale de 4,8 milliards d’euros. Ceux de l’Éducation nationale augmenteront de 3,9 milliards d’euros, permettant la revalorisation générale du traitement des enseignants.

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