Cécile de France à l'affiche de « la Passagère » : « La vie est chouette avec moi ! »

Patrick Bernard / BestImage

Pourquoi ce personnage vous a-t-il interpellé ?

Cécile de France : J'aime que Chiara ait tout d'une héroïne romanesque, qu'elle écoute ses désirs et sa passion, et qu'elle ne soit pas idéalisée. Son corps a quelque chose de très animal et dégage une forte vitalité. Elle n'apparaît pas systémati­quement comme quelqu'un de sympathique, elle n'est pas docile. Anticonformiste, elle doit affronter les regards et les jugements sur cette île, un microcosme où la morale et les bonnes mœurs dominent. Mais, malgré la bien­pensance, elle s'autorise à ne pas sacrifier son bien­être, ses envies et elle s'affranchit des diktats. Comme nous l'a dit, lors d'une projection, une spectatrice qui racontait avoir été forcée à vivre selon le désir des autres, c'est une héroïne qui écoute son cœur, un très beau modèle d'émancipation.

Le film raconte la passion entre une femme plus âgée et un jeune homme...

CF : La réalisatrice décale le regard, à travers un prisme fémi­nin : elle autorise non seulement cette différence d'âge, mais affrme aussi que l'on peut être amoureux de deux hommes à la fois, puisque Chiara est mariée à un homme qu'elle aime. Héloïse Pelloquet déplace le curseur, mais sans le revendiquer, sans donner de leçons. Son cinéma est avant tout populaire et généreux. Elle apporte un nouveau souffe en proposant des récits différents aux spectatrices, en leur expliquant qu'il n'y a pas d'âge pour plaire, aimer, vibrer...

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