Côtes-d'Armor: la justice réclame une expertise judiciaire pour "la crêperie qui sent la crêpe"

Un conflit encore bien loin d'être clos. Entre Marlène et Alexandre, les propriétaires de la crêperie du pêcheur à Erquy, dans les Côtes-d'Armor, et leur voisin direct, la hache de guerre est déterrée depuis plusieurs années.

Dans les faits, ce dernier reproche au couple de restaurateurs le bruit et les odeurs qui émanent de cette villa, transformée en restaurant au tournant des années 2010. Le plaignant, qui a fait construire sa maison en 2000 comme résidence secondaire avant d'y habiter définitivement, est passé à l'action légale courant 2019.

"Nous allons avoir des faits"

Comme le précise Ouest-France, la juge des référés du tribunal de Saint-Brieuc, saisie dans cet épineux dossier, a rendu sa décision ce jeudi et décidé d'une expertise judiciaire d’un an. Réalisée par un expert et d'une valeur de 5000 euros, elle sera prise en charge par le plaignant.

Interrogé par le quotidien régional, l'avocat du voisin se dit satisfait par le verdict. "On va notamment savoir si les travaux réalisés sont efficaces", dit-il, faisant référence aux aménagements réalisés par les restaurateurs, dont un extracteur de fumée et une véranda isolante, pour un coût total de 170.000 euros.

"Grâce à l’expertise, nous allons avoir des faits. Le rapport définitif sera très important", ajoute l'avocat.

De leur côté, Marlène et Alexandre se disent plus circonspects. "On est serein car on a fait tous les efforts possibles. Mais l’expertise reste contraignante et s’ajoute à notre travail de restaurateur" dit-il, ajoutant toutefois être satisfait de la durée d'un an de l'expertise. "Ceci est positif car l’avocat de notre voisin avait demandé uniquement en haute saison."

"La victime, c'est moi"

En janvier dernier, le quotidien Le Télégramme était revenu sur ces relations orageuses entre voisins. Malgré les aménagements, le plaignant avait assuré vouloir aller jusqu'au bout de sa démarche.

"La victime, c’est moi. Jamais je ne serais parti dans une telle procédure judiciaire s’il n’y avait tant de nuisances, de troubles anormaux", avait-il dit.

L'article avait mis en lumière les différents arguments des deux parties. D'un côté, le voisin reprochait la décision de transformer "dans son dos" cette maison située sur un site Natura 2000 en restaurant.

De l'autre, les restaurateurs pointaient les plaintes incessantes. "Sa femme m’a reproché une fois d’utiliser un souffleur pour nettoyer mon jardin et reproche aux camions de livraison de se garer sur le trottoir, alors qu’ils ne gênent pas", disait Alexandre.

En parallèle, une pétition mise en ligne par les restaurateurs sur le site Change.org ironiquement appelée "la crêperie qui sent la crêpe" a déjà recueilli près de 115.000 signatures.

Article original publié sur BFMTV.com