Caitlin Dulany : « Rien ne m'aidera plus que de voir Harvey Weinstein condamné »

Hélène Guinhut

Le 6 janvier dernier, ce qui restera sans doute le procès le plus emblématique du mouvement #MeToo, s'est ouvert à Manhattan. Le procès new-yorkais d'Harvey Weinstein ne concerne que deux plaignantes, mais ce sont plus de 80 femmes qui ont dénoncé les violences sexuelles perpétrées par le producteur. L'actrice Caitlin Dulany est l'une d'entre elles. Agressée sexuellement par Harvey Weinstein à Cannes en 1996, elle est aussi membre de l'organisation Time's up (au sein du Entertainment Safety Working Committe, un groupe qui travaille à améliorer la sécurité dans l'industrie du cinéma). Elle a accepté de répondre à nos questions. 

ELLE.fr. Tout d'abord, comment vous sentez-vous ?

Caitlin Dulany. Lundi, je me suis réveillée tremblante, j'étais à fleur de peau. Le procès fait directement écho à ce que j'ai vécu, c'est extrêmement difficile.  J'ai toujours beaucoup de mal à raconter ce qui m'est arrivé... Mais toute cette mobilisation m'a aidée à me reconstruire. Plus je m'engage dans l'activisme et la prévention, mieux je me sens. Quand j'ai appris lundi qu'en plus du procès à New York il était inculpé à Los Angeles, je me suis sentie plus en sécurité. Car je porte toujours cette peur en moi. Rien ne m'aidera plus dans ma reconstruction que de voir Harvey Weinstein condamné pour les crimes qu'il a commis.

ELLE.fr. Deux images ont marqué l'ouverture du procès. La plus forte est sans doute celle de plusieurs victimes, réunies devant le tribunal de Manhattan pour dénoncer leur agresseur. Qu'avez-vous ressenti en les voyant ?

Caitlin Dulany. C'était extraordinaire. Nous partageons une expérience commune, nous sommes liées les unes aux autres et les voir s'exprimer ensemble était incroyablement fort. C'est une façon de rappeler : regardez le nombre de femmes que  cet homme a considéré comme des proies en toute impunité ! C'était une démonstration de leur force, de leur sincérité et de leur bravoure. Je ne les remercierai jamais assez d'être allées à New York pour toutes nous représenter. Harvey n'a même pas pu les regarder dans les yeux.

ELLE.fr. L'autre image que...

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