À la CAN 2022, les Burkinabè défendent aussi la légitimité de leur foot féminin

© RFI/David Kalfa

Battue 1-0 par le Maroc en match d’ouverture de la CAN 2022, l’équipe du Burkina Faso joue en grande partie son avenir dans la compétition face au Sénégal, ce 5 juillet 2022 à Rabat, dans le groupe A de la Coupe d’Afrique des nations féminine. Pour les joueuses, le but est aussi de briller pour faire évoluer les mentalités des Burkinabè au sujet du football féminin.

De notre envoyé spécial à Rabat,

Ce 5 juillet, l’équipe du Burkina Faso dispute un peu plus qu’un derby ouest-africain face au Sénégal. Elle joue une partie de son avenir dans cette Coupe d’Afrique des nations (CAN 2022), après une défaite 1-0 face au Maroc. Surtout, c’est une partie de la crédibilité du foot féminin burkinabè qui semble en jeu. « Chez nous, le football est un sport pour les hommes et non pas pour les filles, glisse la capitaine de la sélection Charlotte Millogo. Les gens préfèrent laisser les filles faire les travaux ménagers plutôt que de les laisser s’exprimer sur un terrain ».

Réussir à faire changer les mentalités : une pression supplémentaire pour celles qui, face aux Marocaines, disputaient le tout premier match de phase finale de CAN de leur histoire. « Pour le match d’ouverture, on se disait qu’il ne fallait pas être ridicules, encaisser une défaite fleuve, 3-0, 4-0, courir derrière le ballon, vivre la misère, explique le sélectionneur Pascal Sawadogo. Tout au contraire, on a fini fort la rencontre. On a même rêvé de l’égalisation jusqu’à la dernière minute. Donc, pour nous, c’est déjà un point de gagné ».

« Les parents laisseront les filles jouer au foot si on réalise une bonne CAN »

Celles qu’on surnomme les Étalons Dames – tout un symbole de leur manque de reconnaissance – avaient déjà marqué un point auprès du grand public burkinabè en se qualifiant pour cette CAN 2022. « Mais je me dis que si on réalise une bonne prestation, les parents vont laisser les filles jouer au football », souligne Charlotte Millogo. Un avis partagé par son entraîneur : « Au pays, pour le football féminin, ce n’est pas du tout simple. Il y a encore de la réticence de la part des parents. On préfère les études au foot. Nous, on se dit que si le football nourrit son homme côté masculin, il peut donc aussi le faire pour les filles. »

Le technicien puise des motifs d’espoir dans la prestation de ses joueuses face aux Lionnes de l’Atlas. « Avec un peu de rage, on peut prendre les six points qui restent à prendre », estime Pascal Sawadogo, conscient de l’impact au pays des hommes intègres qu’aurait une qualification en quarts de finale de la CAN 2022.

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