Cannes 2019 : "La Belle Epoque" de Nicolas Bedos, drôle, tendre et incisif

Françoise Delbecq

Pour son deuxième long métrage présenté hors compétition, Nicolas Bedos crée la belle surprise du festival. « La Belle époque » est un « Voyage vers le futur » version Claude Sautet. Victor (Daniel Auteuil) et Marianne (Fanny Ardant) sont en couple depuis très longtemps mais leur relation est dans une phase délicate. Victor est un dessinateur de presse au chômage, un homme ronchon, désabusé peu enclin à vivre avec son temps. Marianne est une optimiste née, tout l’amuse et l’intéresse. Sauf son mari qui commence sérieusement à l’exaspérer. Elle le met dehors. Persuadé que leur histoire n’est pas terminée, il va rallumer la flamme en faisant appel à Antoine (Guillaume Canet), passé maître en l’art des reconstitutions historiques. Victor veut revivre sa rencontre avec Marianne. Ses dessins composeront un story board idéal. Seulement voilà, le charme irrésistible de la jeune actrice (Doria Tillier) qui va interpréter le rôle de Marianne bouleverse tout. Fort bien écrit, fort bien dirigé, ce film est une vraie bulle d’oxygène tendre souvent, poétique parfois, efficace tout le temps. Dans le personnage qu’interprète Guillaume Canet, Nicolas Bedos semble avoir construit un alter ego, minutieux, coléreux, jaloux. Cette mise en abyme, ce regard sans concession sur le métier de réalisateur est un enchantement.

« La Belle époque » de Nicolas Bedos (1h55). Sortie 6 novembre.        ...Lire la suite de l'article sur Elle.fr

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