Le cardigan d'Agnès b. : Pièce de collection

Depuis quarante ans, il squatte les épaules des enfants, des femmes et même des hommes. Histoire d’une légende créée par Agnès b.

En 1979, Agnès b. dessinait les traits d’un fashion mythe prêt à inonder le monde : le cardigan pression. Douce à l’intérieur, molletonnée à l’extérieur, col rond et corps droit, cette pièce minimaliste et régressive, comme empruntée au vestiaire des petites filles modèles, est devenue au fil des décennies une référence mode du vestiaire des femmes, des hommes et des bambins. Et par la même occasion, un personnage récurrent du grand écran : on a notamment aperçu le fameux cardigan dans le cinéma de Godard, sur Vanessa Paradis dans « Noce blanche » de Jean-Claude Brisseau. En version jaune poussin sur Isabelle Huppert dans « La caméra de Claire », de Hong Sang-soo, ou sur Charlotte Gainsbourg encore ado dans « Kung-Fu Master », d’Agnès Varda.

« Je portais souvent des sweat-shirts et, un jour, je me suis dit que ce serait bien qu’ils puissent s’ouvrir, en me souvenant des cardigans que je boutonnais en courant sur le chemin de l’école, raconte la créatrice. J’ai imaginé tous ces boutons-pression très rapprochés pour qu’il ressemble à un vêtement de la Renaissance. » Dernier détail, qui n’en est pas un, car c’est en fait dans les jardins du château de Versailles que la Versaillaise trouve son inspiration. Ou plutôt son modèle : Jean-Baptiste de La Quintinie. Ce jardinier de Louis XIV, dont la statue surplombe le carré central du Potager du roi, affiche un beau pourpoint, une veste courte et matelassée, ajustée par un boutonnage sur le haut du buste. La ressemblance avec le néo-sweat est saisissante !

Le cardigan pression dans la version classique, 145 euros.

Le cardigan pression dans la version classique, 145 euros. (...)
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