Caroline Criado Perez : « Il n’y a pas de femmes qui ne travaillent pas, il n’y a que des femmes qui ne sont pas rémunérées »

Anna Fonters
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Chaque année a lieu début avril la journée mondiale du travail invisible : pour reconnaître le travail non rémunéré réalisé à la maison. Sans surprise, ce sont encore en grande partie les femmes qui en ont la charge. L’occasion donc, de relire « Femmes invisibles »* de la militante féministe et journaliste britannique Caroline Criado Perez.

400 pages pour se rendre compte. Que la vie quotidienne, le monde du travail, la conception technologique, la médecine ou la vie publique ont laissé de côté la moitié de l’humanité : les femmes. Dans un ouvrage édifiant illustré d’exemples chiffrés et de témoignages, Caroline Criado Perez dresse le portrait de notre monde, conçu par et pour les hommes. Une mise à l’écart des femmes qui se traduit, entre autres, par une absence de données les concernant et qui affecte leur vie au point de leur être parfois fatal.

Le danger du manque de données

Vous vous demandez pourquoi votre smartphone - qui mesure en moyenne 14 centimètres aujourd’hui - ne rentre plus dans vos mains ni vos poches ? Pourquoi certaines intelligences artificielles ne reconnaissent pas votre voix ou pourquoi avez-vous plus froid au bureau que vos confères masculins ? Ne cherchez plus ! Caroline Criado Perez apporte la réponse en quelques mots : « le mythe de l’universalité masculine ». Dès les premières lignes du livre l’auteure explique que notre monde (les outils technologiques, la médecine…) est construit selon un parti pris masculin, une façon de penser prévalant depuis des millénaires qui stipule que la vie des hommes représente « celle des êtres humains dans leur ensemble ». En « oubliant » les besoins féminins. Et ce, dans toutes les dimensions de nos vies. A commencer par la conception des voitures et des ceintures de sécurité, qu’elle donne en...

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