C'est mon histoire : « Dire que je ne croyais pas au coup de foudre »

Sarah Bouleaux

Élise est plutôt du genre carré, logique, comme les dossiers que cette directrice d'école aime tant classer. Jusqu'au jour où l'amour s'abat sur elle...

 J'ai longtemps eu mon petit rituel de fin de journée. Une fois que j'avais vu tous les parents ou les instits que je devais voir, quand tous les coups de fil étaient passés, que toutes les salles de classe étaient enfin vidées... Rien (ou presque) ne me procurait plus de plaisir que de classer mes dossiers. J'étais une maniaque des pochettes, une addict des étiquettes. Directrice d'école, je dirigeais ma vie amoureuse de la même façon : rien qui dépasse, rien qui dérange. Pleine de certitudes, je laissais l'alchimie et les emballements aux romantiques. À eux le cœur battant, à moi la tête froide : je choisissais qui, je décidais pourquoi, comment et jusqu'à quand. J'ai fait de jolies rencontres - et même deux enfants. Mais, dans ces conditions-là, évidemment, jamais rien de dévorant.

Un explorateur me tombe dessus...

C'est donc parfaitement tranquille que je me rends à ce dîner, l'été de mes 37 ans. Je n'ai aucune envie d'être amoureuse, donc ça n'arrivera pas. Mais Sven me tombe dessus. Presque littéralement. C'est un ami d'amis, de passage dans la région, échoué là par hasard. Accroché à mon regard, et moi au sien, à l'instant même où nous nous sommes vus. Tout y est : le bruit autour qui s'émousse, les silhouettes des autres qui s'effacent. Nous ne nous sommes jamais vus et pourtant il n'y a que lui et moi. Lui qui rougit, moi qui bafouille, lui et moi un peu gauches, lui et moi électrisés, quand arrive le dîner. Je me suis...

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