C'est la retraite et impossible de lâcher prise !

Les enfants ont pris leur envol, le stress de la vie professionnelle est derrière nous, la contrainte des horaires de bureau aussi. Bref, c’est le moment de se la couler douce. Certaines n’ont aucune difficulté à renouer avec l’insouciance de leur jeunesse, mais pour d'autres il est plus difficile de lâcher prise. Alors que nous pourrions adopter un mode de vie beaucoup plus décontracté, nous continuons de gérer lessive et ménage comme une campagne militaire et de préparer en amont notre vie sociale au point d’échapper à tout imprévu. Mais pourquoi privons-nous notre existence d’un souffle de liberté qui pourrait s’avérer salutaire ?

Prendre la mesure de la charge mentale

C'est qu'à force d’avoir mené la double journée pendant quarante ans, on ne parvient pas si facilement à se délester du poids de la fameuse charge mentale liée à la gestion concomitante des sphères professionnelle, familiale et domestique. Charge mentale ? Cette expression, employée pour la première fois en 1984 par la sociologue Monique Haicault, devrait entrer dans le Petit Larousse l'année prochaine. La psychiatre Aurélia Schneider, auteure d’un livre sur le sujet *, la définit comme « le fait de devoir penser à un autre domaine en plus de celui dans lequel on se trouve physiquement ». On en a toutes fait l'expérience pendant notre vie professionnelle : au bureau, une part de nous-même ne cessait d'anticiper mentalement les courses du dîner ou la recherche d'une location de vacances. Normal qu'à la retraite, nous ne puissions pas du jour au lendemain changer notre mode de fonctionnement et accueillir l'imprévu comme des adolescentes insouciantes. Aurélia Schneider explique cette persistance des réflexes de gestion de la vie quotidienne : « En premier lieu, il y a tout le poids de facteurs historiques et socioculturels qui associent des stéréotypes à chaque genre et prônent une division sexuée du travail. Traditionnellement, les femmes sont assignées au care : elles doivent prendre soin des autres (enfants,

(...) Cliquez ici pour voir la suite